JAZZ CLUB

LA ZORRA Y EL CUERVO

LA HAVANE

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Entrée 10 CUC, consommations incluses.
Cocteles "A todo jazz", saladitos, pizzas, sandwiches...

 

Les Chroniques

N° 641 Juillet-Août 2007 (FRANCE)

Jazz Musique et aventures
La Havane. Février 2007

PATRICK DALMACE

La Havane, Cuba. 28 février. Radio Bemba (1) la voie(x) la plus rapide pour diffuser l'information insulaire le confirme. Les jeunes prodiges du jazz s'en vont vers d'autres cieux. Ce n'est plus un drame depuis qu'il est admis que l'île forme plus de génies de la musique qu'elle ne peut en absorber même en postant des musiciens à chaque coin de rue. Exit Carlos Sarduy, Regis Molina, Alexander Brown... Ils reviendront ! On s'attend donc à rencontrer les jazzmen confirmés. Sur le chemin un vendeur à la sauvette étale ses L.P. d'époque. Poussiéreux mais en état. Deux live tombent dans notre escarcelle : Dizzy avec Arturo Sandoval et le même Dizzy avec Gónzalo Rubalcaba. Deux petites raretés issues du Festival Jazz Plaza de 1985, qui permettront au prieto (2) de bien finir le mois : l'inflation est galopante sur les trottoirs de la capitale !
Un coup d'œil sur le programme de La Zorra y El Cuervo le confirme ; les soirées seront des soirées de révision : Bellita y Jazztumbatá, Fonseca y Temperamento, Oscar Valdés y Diákara, Pablo Menéndez y Mezcla.
Rien ne sert d'être connu, il faut arriver à point. Entre japonais et américains on se faufile.
Bonne surprise; on peut signer la fin du roman fleuve commencé il y a deux ans. La sono flambant neuf est arrivée et c'est dans le luxe sonore que Bellita commence son concert ce qui permet d'apprécier son travail dans d'autres conditions que celles subies quelques mois auparavant en un autre lieu. Autour de Bellita (p) on retrouve M. Miranda, (bass, perc.) ; R. Larrinaga, (ts, cl, fl) ; Glenda López (fl). Les timbales ont disparu pour laisser place à un drums classique, désormais aux mains de M. Olivera. Le groupe est percutant, se livre pleinement et cette fois…. sans inhibition. Tout en conservant quelques thèmes clés, « Tanibell », « Like father, like son »…  le répertoire s'est enrichi. On apprécie « Mi ser », « 5 por 3 », « Night & Day », une jolie version de « Orfeo ». On déplore un inutile « Chan Chan » pourtant dédié aux amis. Bellita nous confirme qu'elle reconduit son projet Mujeres en el Jazz  ; quatre soirées réservées aux jazzwomen pour célébrer la Journée Internationale de la Femme. Le projet tourne avec succès depuis plusieurs années.

1° Mars. Même lieu avec à l'affiche Roberto Fonseca (p) et ses partenaires habituels : Javier Zalba (as,ss, fl, cl), Omar González (cb), Ramsés Rodríguez (dr), Emilio del Monte Jr (cga). Fonseca est en retard, ce n'est pas une surprise, le public s'impatiente. Le groupe tarde un peu à prendre son allure de croisière mais dès que l'échauffement est terminé le quinteto fait honneur à sa réputation même si del Monte est un peu en retrait. Fonseca montre que parmi le large éventail de jeunes pianistes que compte l'île il se situe parmi ceux dont la personnalité est la plus évidente. L'éloge de ces musiciens a déjà été fait (J.H. 633). Rappelons les excellentes interventions de chacun notamment sur « A Cachao », « Samasú », « TGV » « Suspiro »… et ajoutons que jamais le groupe ne fait de concessions à d'autres genres. A la pause Ramsés nous apprend le départ du groupe pour la France dès le jour suivant. RV est pris.
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Nous avions laissé le trompettiste Yasek Manzano, une promesse qui a la tête sur les épaules, avec le souci de travailler et de progresser (J.H. N°632). Il se présente le 3 mars à l'Auditorium du Musée National des Beaux Arts dans les meilleures conditions acoustiques. Un concert au MNBA est une référence en matière de musiques depuis le milieu des années cinquante. Le public, connaisseur, relativement jeune, cent pour cent cubain, y accède en monnaie nationale. On attend un événement et la télévision est là. L'événement est au rendez-vous. A force d'user de superlatifs pour qualifier le travail et les prestations du trompettiste on reste à cours de vocabulaire (mais c'est Marsalis qui avait commencé!). Tout est soigné, raffiné dans le jeu de Yasek qui démontre que l'acharnement à privilégier l'étude, le travail, paie plus que le souci d'aller se montrer à droite ou à gauche dans quelques festivals européens. On sent aussi l'apport qu'a pu avoir sa persistance à travailler avec les grands orchestres symphoniques de l'île. La mise en place du groupe est également des plus travaillées et chacun des musiciens s'est hissé au niveau souhaité (Jorge Luis Pacheco (p), Reinier Mendoza (dr), David Fayas (cb), Édgar Martínez (cga)). Le répertoire montre aussi les qualités de compositeur du trompettiste avec, parmi cinq compositions personnelles, deux thèmes puissamment ancrés dans les racines africaines du jazz : « Ikú », « Congo Bronx ». Le tout est complété par « 26-2 » et « Pen House ».

Manzano invite Bobby Carcassés (tp, voc.). Bobby a été celui qui a initié Yasek au jazz. Avec le showman on sait qu'à coup sûr on va passer un bon moment mais, passée l'interprétation de « Bésame Mucho », la surprise est de taille, car si Bobby, le pionnier cubain du scat, se lance dans l'exercice, Manzano lui répond ; un dialogue vocal s'installe, monte en puissance et se transforme sinon en un duel du moins en un randori à l'issue duquel il est clair que l'élève a dépassé le maître même dans ce domaine. C'était une première. A l'heure où les amis montent sur scène pour féliciter Yasek, nous retrouvons Bobby, assis dans les gradins, perplexe mais aussi… heureux.

5 Mars. La Zorra y el Cuervo. On attendait Abel Calderón ce fut Tamara Castañeda et ses partenaires : I. Pavón (cb), A. Ortíz, (dr), F. Vega (cga). La jeune vibraphoniste est -elle aussi- en progrès. Mangée par ses musiciens il y a quelques mois elle s'est débarrassée du saxophone, a perdu de sa réserve, fait vibrer son instrument autant qu'elle vibre elle-même, dirige et montre enfin le réel plaisir qu'elle a à jouer. On regrettera qu'elle n'ait pas modifié son répertoire (« Blue Bossa », « Wendy blues », « Sábana »….) mais elle était concentrée ses derniers mois sur son prochain disque dont deux thèmes comptent sur la collaboration de Chucho Valdés.
(1) Radio bemba : expression cubaine qualifiant la diffusion d'informations par le bouche à oreille.
(2) Terme utilisé à Cuba pour désigner une personne de couleur noire.

 

N° 633 Octobre 2006 (FRANCE)

Retour de Festival
La Havane. Juillet 200
6

PATRICK DALMACE

Le club La Zorra y el Cuervo s'est relooké cette saison. Peinture et mobilier. Sommet des non-alignés oblige, le club est sélectionné comme lieu d'accueil ! Mais la sono… ? Jazz Hot (Supl J.H. n°628) vous l'avait dit l'an passé les crédits sont débloqués... Elle va donc arriver. En attendant le son reste encore défectueux.

Pour ce 11 juillet c'est le groupe de Tamara Castañeda qui est à l'affiche. Une curiosité puisqu'il semble qu'elle soit l'unique vibraphoniste de l'île. Toute jeune, valorisée par Chucho Valdés lui-même lors d'un concours JoJazz, Tamara est fort bien entourée. Trop peut-être car sa section rythmique (Aniers Tamayo (dr), Iván Pavón (élec.b) et Edgar Martínez (cgá)) couvre un peu le son du vibraphone. Elle n'hésite pas non plus à faire une belle place au saxophoniste ténor Emir Santacruz. Il faudrait qu'elle s'impose davantage face à ses garçons. Sur le plan technique Tamara n'utilise quatre mailloches que pour un seul thème mais possède une certaine virtuosité. Son répertoire est composé de thèmes de son autorité (« Sábana ») et de Chucho Valdés (« Mambo Influenciado »). Après un excellent « Caravan », débutant par un duo batterie-congá de bonne facture, Tamara fait un détour par Bud Powell, revient à des œuvres de Michel Camilo et de Ernán López Nussa (« Wendy's Blues »), venu l'écouter mais qui ne la rejoint pas sur scène. On comprend vite pourquoi car Tamara fait un passage aux claviers. Elle renonce vite lorsqu'elle entend le son…

Le lendemain le saxophoniste alto Robertico Martínez, très en retard, accourt pour une nuit atypique (dixit). Pour suppléer Harold López Nussa au piano il a fait appel à une autre promesse de l'instrument Aldo López Gavilán. Factor P., ce quintet de jeunes jazzistas -personne n'a atteint vingt-cinq ans dans ce groupe- est à l'image du jeune jazz havanero  : plein d'inspiration, motivé, heureux de jouer et doué d'un bagage technique à faire pâlir les jeunes européens. Remarqué l'an passé dans une autre formation Nestor del Prado confirme qu'il est un bassiste à suivre ; Ruy López Nussa Jr. (dr) arrive à son tour pour prendre sa place dans cette nouvelle dynastie du jazz cubain que sont les López Nussa. Son jeu est déjà riche et frais. La section rythmique est complétée par le percussionniste Mauricio Gutiérrez (cgá). Robertico régale le club avec de bonnes improvisations sur « Oleo », « Some day my Prince will come », « En cada calle », un thème personnel et « Green Sky » de l'autorité de Aldo López qui propose aussi une jolie ballade sans la présence de son leader.

Il faut aller jusqu'au Piano Bar de l'Hôtel Panorama dans le superbe quartier de Miramar où vivait la bourgeoisie de l'ancien régime pour pouvoir écouter dans des conditions assez épouvantables Bellita y Jazztumbatá. Epouvantables car personne n'est là pour apprécier le quartet et c'est tout juste si le personnel condescend à éteindre la télévision qui se trouve au-dessus de la pianiste. On vient même demander à Bellita de faire moins de bruit car les touristes dorment en dessous ! Finalement la soirée va quand même crescendo . Le groupe a reconnu la présence de Jazz Hot et l'affaire se termine pratiquement… par un concert privé. Jazztumbatá cherche une voie personnelle à travers quelques originalités : Miguel Miranda, le bassiste, a développé une technique spécifique qui lui permet de tirer des sons uniquement avec la main gauche. La main droite devenue libre parcourt les congas et Miranda qui possède également deux pieds les rentabilise avec cloche et charleston. Un solo sur « Like father, like son » permet de constater que tout cela fonctionne très bien. Bellita quant à elle marche sur le même chemin et elle allie son travail au piano avec des incursions sur un set de percussions mineures et des parties vocales. Le groupe est complété par Gutiérrez, entendu la veille, mais cette fois installé face aux timbales et aux tambours batá et par un saxophoniste appliqué, Reynaldo Larrinaga (ts, cl, fl). La jeune flûtiste Glenda López intervient également lors du premier set. Au fil de la soirée on apprécie plus particulièrement « My Funny Valentine », Dolphin Dance », « Ladrones en el Templo » et la belle composition de Bellita « Tanibel ».

Le 14 juillet. Passage obligé à la demeure de son Excellence Madame l'Ambassadeur. N'oublions pas qu'un français est toujours le bienvenu dans les réceptions données ce jour à l'étranger. Marseillaise et petits fours. Parfait. Surpris de ne pas trouver le programme du flambant neuf Irakere Club de Jazz on questionne et on apprend qu'il est déjà… fermé.

Retour donc à la Zorra y el Cuervo que l'on préfère toujours au Jazz Café où les langues sont plus sollicitées que les oreilles. Oscar Valdés et Diakará sont au programme et la soirée est explosive. Oscar renoue avec les recherches rythmiques et harmoniques qui l'ont conduit à fonder le groupe Irakere avec Chucho Valdés. On découvre, notamment à travers deux splendides thèmes, « Yemaya » et « Manteca », une extraordinaire polyrythmie qui s'échappe d'un ensemble de percussions: tambours batá ( Iyá, Itotelé, Okonkoló ), congás, bongó , timbales , complètement intégrées dans une musique très noire. Il y a des leçons de fusion à prendre dans ce travail et les imitateurs devraient s'y atteler ou ranger leurs instruments. Les arrangements du saxophoniste et flûtiste Liván Martínez sont excellents ; c'est une condition fondamentale pour échapper au patchworks qui règne dans le genre aujourd'hui et comprendre ce qu'est le vrai jazz afro-cubain.

Pour une raison qui nous échappe Oscar quitte la scène dès les premières mesures du second set et laisse la descarga annoncée aux mains de Liván qui en profite pour montrer ses talents.

L'auditorium du Musée des Beaux-Arts propose de bien meilleures conditions acoustiques et possède une bonne sonorisation. Le public qui vient écouter Roberto Fonseca le 15 est radicalement différent de celui des clubs plutôt constitué d'étrangers venus entendre en vivo des noms résonnant en Europe. Ici l'assistance est havanaise, plutôt jeune et noire. Elle connaît le travail de Fonseca, est déjà acquise à sa cause et à celle de son groupe Temperamento. Impossible de résister à dresser l'inventaire du personnel. Il s'agit d'un all stars du jazz cubain dirigé par Fonseca (élect.p ; voix), valeur confirmée du piano cubain qui hélas manque encore de reconnaissance hors de l'île. Son jeu est très corporel, très expressif (« Negra Mía », « 70's »..), percussif et nuancé. Il est accompagné de son frère de cœur Javier Zalba, (as, ss, cl, fl.). Le saxophoniste, une génération au dessus, a fait les beaux jours de Irakere lors des concerts au Ronnie Scott à la fin des années quatre-vingts. Sans artifice ni prétention, comme un grand musicien, il étale sa classe (« TGV », « Un Congo Árabe »…), dialogue avec son partenaire (« Elisa ») à travers un répertoire de leur autorité. Derrière eux c'est le luxe : Omar González (cb), Emilito del Monte et ses quatre congas . Ramsés Rodríguez (dr), qui a abandonné Chucho, est le dernier arrivé dans la formation mais montre déjà une grande complicité avec Fonseca, son frère -de couleur cette fois-. Les deux hommes rayonnent. Ramsés impressionne dans l'accompagnement et dans deux solos de grande facture sur « Zamazú » et « Deja que te la lleves ». Enfin le vétéran Emilio del Monte tient les timbales et n'a pas perdu un pouce d'enthousiasme, de dextérité et de fougue depuis qu'il a découvert le jazz à la fin des années cinquante. Son solo sur « Zamazú » déclenche les ovations ; comme quoi la jeunesse est capable d'apprécier les performances des papys pour peu qu'elle ait un peu de culture.

Le concert à peine terminé on apprend que Gonzalo Rubalcaba, de passage dans l'île, est en train de descargar à la Zorra. Too late  !

Si lors du précédent séjour cubain nous avions remarqué les qualités des jeunes musiciens, cette fois ce sont les groupes et jazzmen solidement installés qui se montrent à leur avantage. Reste à entendre le groupe Rumbatere qui nous avait tant impressionné l'année passée. C'est chose faite le 18 juillet.

Le titulaire du piano est absent : Harold López Nussa est en tournée en Europe et le petit prodige de la trompette Carlos Sarduy s'est envolé vers d'autres continents, laissant à Reg Molina (as) la direction d'une formation qui en fait s'appelle Erifa. La précision est importante car ce terme yoruba qui signifie cerveau et pensée définit bien mieux l'esprit du groupe, sa démarche. Bureaucratie oblige : le quinteto joue sous son autre nom. Tous ces changements ont conduit Molina à affirmer davantage ses conceptions et sa personnalité (malgré une certaine faiblesse du piano). Le jeune géant saxophoniste -vingt deux ans et frôlant le plafond du club- a noirci sa musique, plongé dans les racines afro-cubaines en même temps qu'il s'inspire de Parker quand d'Rivera reste ici un moule dans lequel le monde du saxophone persiste à vouloir se couler. Des traits de Coleman sont aussi perceptibles dans sa manière de jouer. Le jazz de toute évidence est son destin. Les thèmes de sa composition mettent tout ceci bien en évidence : « Sanga Abakuá » (beau travail de la section rythmique (cgá, dr, él.b)), « El ojo de la piramide », « Underground blues ». Le trompettiste Maikel González apprend le répertoire en vue du voyage en Espagne et en attendant, Jorge Vistell (tp), en très gros progrès depuis l'an passé se montre à la hauteur des ambitions de Molina. Les longs solos de Reg et Jorge sont excellents et Yasek Manzano (tp) s'invite sur plusieurs des thèmes. Brillant ! Cet autre espoir de la trompette cubaine a lui aussi encore mûri. Il nous fait savoir qu'il a énormément travaillé depuis l'été dernier et nous confirme qu'il voudrait perfectionner en France la trompette…classique.

L'excellente mentalité de tous ces musiciens, les jeunes en particulier, qui n'hésitent jamais à s'entraider, à se remplacer, à s'inviter est des plus encourageantes et leur enthousiasme pour le jazz un plaisir. Il manque encore à La Havane et surtout dans le reste de l'île davantage de lieux susceptibles d'accueillir dans de bonnes conditions cette fourmilière de talents.

N° 628 Avril 2006 (FRANCE)

Recit de voyage
La Havane.
La Zorra y el Cuervo. Juillet/Août 200
5

PATRICK DALMACE

Deux ans après le passage de Jazz Hot (J.H. n°604) le club historique du Vedado, la Zorra y el Cuervo a relooké sa scène et l'a légèrement agrandie. Il reste toutefois un club minuscule où public et musiciens sont bien imbriqués les uns dans les autres pour peu, comme c'est fréquent, que les jazzmen de passage s'invitent. Le son et l'éclairage restent défectueux mais…les crédits sont débloqués. Ce 13 juillet Orlando Sánchez (ts, p) lance la soirée accompagné d'un conguero et d'un bon güirero. Son principe : jouer avec les harmonies, surprendre le public mais lui laisser entrevoir des choses qu'il connaît. Sa philosophie : l'échange ; et sur ce plan les jeunes qui l'entourent n'ont pas à se plaindre. Orlando leur laisse la parole, les invite à s'exprimer largement. Iour à tour ils interviennent. On remarque spécialement Carlos Sarduy (tp) et Jorge Miguel Vistell (tp). Les jazzmen s'enflamment davantage au deuxième set où le rôle de la section rythmique, qui inclue cette fois basse et batterie, devient moteur, très latin. Sánchez, dirige, guide, pousse ; ses hommes répondent, improvisent, se rejoignent. Le rythme permet à  «  Teresita  »  qui alterne entre güiro et maracas de se remuer. Le public a rempli le club. Il apprécie. Chacun des thèmes se termine sur de véritables bouquets sonores offerts par trois saxophones et les deux trompettes.

14 juillet. .... à la Zorra y el Cuervo, ... 'on retrouve le Jazz en la personne de celui qui est présenté comme la relève de la trompette cubaine Yasek Manzano. Malheureusement pour cette soirée, son quintet est en lambeaux et il a du faire appel au  ven tú   pour occuper les pupitres de bassiste et batteur. Pour ce dernier poste, le vétéran Gilberto Valdés, trois fois plus âgé que ses partenaires du jour, s'est aimablement proposé. Pour faire face à la situation Manzano opte pour la descarga et ainsi chacun s'en sort correctement. Au cours du premier set Yasek montre ses qualités : une grande maîtrise de l'instrument, beaucoup de rapidité, d'agilité, un style qui s'appuie sur la tradition jazzistique avec beaucoup d'influences de Marsalis et une présence scénique à la Hargrove. Sur le populaire  Manisero   il se livre à une improvisation excellente et originale, appartenant au monde du Jazz. Les versions du thème se comptent par dizaines. Celle-là sort de l'ordinaire. Plusieurs fois au cours du set Manzano invite Jorge Vistell et sa trompette à se joindre à lui dans de sympathiques mano a mano .

Une longue pose permet au bassiste de travailler et d'être à la hauteur pour le second set qui se présente comme un dialogue entre la trompette de Manzano – on découvre alors ses qualités pour développer les mélodies- et la voix de Janet Hernández. La jeune fille est allée à  la escuela de la calle – l'école de la rue- comme disent les cubains. Pas de formation mais une voix américaine puissante, pleine de possibilités pourvu que Janet gomme de petites lacunes par exemple lors du changement de registre. Cette seconde partie est un régal et le public qui ne l'a pas suivie a eu tort.

Le cyclone Dennis a fait des dégâts dans le pays et dans la capitale l'électricité fait défaut dans certains quartiers dans la journée. La bande de jeunes  Rumbatere   ne pourra occuper le club pour ses programmations matinales des 14 et 15
…...
7 août. Retour à La Havane. Le grand Ibrahim Ferrer et le non moins important trovador Noel Nicola nous ont quitté. A la Zorra y el Cuervo on attendait Bellita Exposito et   Jazz Tumbatá, ce fut le trio du batteur Alejandro Mayor. Trois jeunes encore en train de rechercher leur voie entre jazz et tradition cubaine. Un bon  « Summertime  » , sur une clave cubaine, un arrangement cubain du bassiste Aryan Varona pour « Blue Monk ». Le saxophone invité n'est malheureusement pas dans le ton sauf pour le dialogue avec la voix Neisy Wilson ( voc, synth. ) sur « Destino ».
Le lendemain au même endroit la scène est occupée par le groupe   Mezcla   dirigé par un gringo installé à La Havane (c'est plus souvent l'inverse !) : Pablo Menéndez. Mezcla veut dire mélange et c'est bien de cela qu'il s'agit pour cette soirée. Jazz, rythmes cubains, blues, rumba, new orleans... tout cela est fort bien travaillé et plait au public. Pablo, profil de rockeur, un brin guitare-heros (« Chico's Blues »…), fait son show bilingue ; le percussionniste Octavio Rodriguez (cgá, batá) est une référence. Damien Nueva est sans doute un contrebassiste -électrique ce jour- d'avenir et s'illustre sur un arrangement du célèbre danzón « Buena Vista Social» que Pablo dédie ce soir à Ibrahim. Si les claviers sont à la dérive, si Ruy López-Nussa junior fait ses armes à la batterie, Jésus Fuentes prend de bons solos tant au ténor qu'au soprano. Mais sans aucun doute possible c'est l'incontournable Yasek Manzano, comme un poisson dans l'eau avec tous les groupes de jazz se produisant au club, qui survole l'octet. A l'aise avec le style de Mezcla -il n'est pas le trompettiste habituel de la formation- Manzano montre une très grande maîtrise de son instrument, une sonorité rivalisant avec celle des meilleurs spécialistes et offre des improvisations digne d'un grand jazzman.
Lázaro Valdés (p) se produit le 9 août avec son quartet Son Jazz   (p, elec-g, dr, cgá). Encore une fois il faut faire abstraction des invités pour apprécier le groupe encore que le saxophoniste (le même que l'avant-veille) soit plus à son aise. La chanteuse n'est pas à la hauteur.

Lázaro et ses partenaires se régalent sur un jazz afro-cubain explosif mais dans lequel la clave est trop présente et trop artificielle. La fusion se fait au niveau de ce qui s'entend plus qu'au niveau où les racines des musiques peuvent se rejoindre. On a droit toutefois à un bon « Manteca » sur un tempo éfreiné et avec une énorme quantité de décibels comme sur l'ensemble des thèmes (ce qui handicape la chanteuse invitée sur « Como Fué » et « Bésame mucho »). « San Pascual de Bailén  » , un vieux thème du début du XIX° est joliment arrangé et l'on apprécie aussi un joli solo de Orlando Nadal (bgó) sur « Ran can can  »
. ..
Privé de concert par le cyclone les jeunes de  Rumbatere   sont à l'affiche le 12. On s'attend à une bande de gamins balbutiants…et l'on découvre le meilleur groupe présenté jusqu'ici dans ce club. Emmenés par l'incroyable Carlos Sarduy (tp)- dix neuf ans-, ses partenaires, à peine plus âgés, et principalement Harold López-Nussa (p), Regis Molina (as), démontrent une connaissance du jazz, une maîtrise de leurs instruments que peuvent leur envier nombre de leurs aînés. Et sur cette base une envie de jouer, un plaisir d'explorer, de créer, de partager avec le public, qui fait de leur jazz un jazz des plus vivants. La plupart des thèmes,  « Charly en La Habana »,  « Con aguaje », « Funky a la cubana » … sont de Sarduy lui-même. On écoute aussi un intéressant « Sanga Abakuá » de Molina. L'ensemble relève du jazz afro-cubain écrit et arrangé avec une grande finesse. Si la clave reste sans cesse un guide elle n'est pas, comme on l'a trop souvent entendu, jouée de manière intempestive. Carlos s'empare aussi du cornet sur une balade traditionnelle et il semble qu'il sache déjà tout faire, jouer dans tous les registres, tous les genres… Visage radieux de Carlos quand son compère Manzano vient le rejoindre pour un mano a mano de grande classe ! On voit tant de musiciens se jalouser que cela fait plaisir.
La fiesta est pour le 13 août. On rend hommage au pianiste Harold López-Nussa pour fêter son Prix au Festival de Montreux. Le club est archi-bondé. Judicieusement soutenu par Ruy López-Nussa senior (dr), Nestor del Prado (elec-b) et une congá, Harold et ses compères Reg et Carlos se hissent au même niveau que la veille. Ces jeunes ne manquent pas de personnalité et le jazz joué ce soir n'est pas redondant avec l'ambiance offerte le jour précédent. Plusieurs thèmes sont dû à Harold López-Nussa, « E'cha », « Sencillez », « Samba »… Bobby Carcassés vient chanter un blues. Le pianiste, sur un synthétiseur (c'est le gros point faible du club que de ne pouvoir y mettre un bon piano), place beaucoup de notes mais démontre qu'il appartient bien à l'école cubaine de piano, avec un jeu très percussif, vif et regorgeant de nuances. Il possède déjà un style propre. Ses improvisations comme celles de Sarduy ravissent l'assistance. Le jazz va désormais pouvoir compter sur lui.
A l'issue de ce séjour havanero , trois noms sont à garder en mémoire : Yasek Manzano, Carlos Sarduy, Harold López-Nussa.

 

16 AOUT 2005

Harold estrena su corona

PEDRO DE LA HOZ

Apenas un mes después de haber conquistado el cetro en la competencia de jóvenes pianistas del afamado Festival Internacional de Jazz de la ciudad suiza de Montreux, Harold López Nussa estrenó su corona entre los suyos, con un concierto en La Zorra y El Cuervo, donde la dirección de una de las casas más establecidas del género en la Isla festejó el triunfo del talentoso músico.

Escuchándole pasar de uno a otro estándar —la mayoría del programa se mantuvo en ese tenor— se puede colegir por qué entre tantos competidores de mérito sobresalió el cubano. Pero también por qué la personalidad musical de Harold cobra sentido entre las más felices emergencias de la práctica jazzística insular, lo cual es, en mi opinión, mucho más importante que un premio.

Harold posee un pensamiento armónico desarrollado y un discurso fluido que sin grandes sobresaltos y ningún artificio nos va descubriendo imágenes sorprendentes de cada variación.

Ese pensamiento se ha entrenado duramente tanto en el espíritu del blues como en el ejercicio de los géneros bailables de la música cubana (Harold ha hecho equipo con Haila Mompié y Teresita García Caturla). De igual modo en el territorio clásico ha demostrado empinadas cualidades, nada menos que mediante el Concierto en Sol Mayor, de Ravel, y uno de los cinco conciertos de Heitor Villa-Lobos. Pero cuando se asume como jazzista no contamina el resultado con dejos de experiencias anteriores. Se sabe ceñir a un guión en el que desarrolla sus parlamentos con precisión y alto vuelo, con alas que lo emparentan a un McCoy Tyner en tiempos de iniciación y, en la facilidad para concretar melodías sólidamente estructuradas, con Jay Rowe.

Todo esto sea dicho bajo la impresión de un concierto en el que se echó de menos un piano de verdad, como el que Harold enfrentará cuando quizá en septiembre haga su concierto en el Amadeo Roldán, a compartir con su compañero de aventura en Montreux, Alfredo Rodríguez.

De todos modos la noche en La Zorra transcurrió divertida y exultante no solo por lo que entregó Harold sino también por haber gozado de la compañía de un joven trompetista que deslumbra por sus enormes cualidades, Carlos Sarduy, un saxofonista que transmite ideas, Regis Molina, y de su padre, Ruy López Nussa, indiscutible maestro en la batería, a los que se sumó el inefable Bobby Carcassés en uno de esos blues que recrea con vocación de demiurgo, Early in the morning
.

30 de MARZO 2005.

Une nouvelle image musicale: les Cubaines du jazz

MARÍA ELENA CAPOTE

A ses débuts le jazz était le fait des hommes, à l'exclusion de leurs compagnes, et si d'aventure une pianiste avait l'audace de se mesurer à lui, c'était dans le milieu étroit de ces «sessions» de musique à la fois nostalgique, agressive, douce, mélancolique et passionnée, née des souffrances et des joies des Noirs nord-américains.
Mais les temps changent et aujourd'hui, les femmes jouent du jazz sur leurs instruments, comme les hommes, parce que pour jouer du jazz, il ne faut rien d'autre que¼ du sentiment et du talent!
L'écrivain arménien et nord-américain Saroyan se plaignait il y a déjà quelques années, à l'occasion d'un voyage dans sa terre natale, d'y avoir vu jouer une jazz band¼ russe! «Il n'y a que des Noirs nord-américains pour jouer ça», tranchait-il alors. Et ce n'était pas tout à fait faux car¼ pour interpréter du jazz, où que ce soit, il faut du sentiment.
Entre les musiciens cubains et le jazz, il y a déjà une vieille histoire d'amour. Les tambours du génial Chano Pozo, au milieu du siècle dernier, ont enrichi la musique dite nègre qui s'imposait dans les coeurs et sur les scènes du monde, hors des limites étriquées de la discrimination raciale.
Aujourd'hui, les nombreuses écoles de musique du pays étant ouvertes aux femmes, elles deviennent virtuoses d'instruments tels que la flûte, la contrebasse, la trompette ou le piano, et elles sont de plus en plus nombreuses à faire des incursions dans le domaine sacré du jazz.
Et s'il était besoin d'en fournir la preuve, le club La Zorra y el Cuervo , sur la belle avenue havanaise de La Rampa, a organisé à l'occasion du 8 mars, Journée internationale de la Femme, la sixième rencontre intitulée «Les femmes dans le jazz», avec la participation, quatre soirées durant, des meilleures interprètes du pays.
On y a vu défiler Bellita et son ensemble, Las Canelas, les Afroamericanas, Sexto Sentido et Lucía Huergo, qui ont agrémenté d'une sève caribéenne une musique devenue universelle.
Depuis l'an 2000 la rencontre est annuelle et a montré qu'à Cuba les femmes sont bien installées dans le monde du jazz. L'image traditionnelle du saxo pour symboliser le jazz, ces groupes masculins qui ne toléraient guère qu'une femme pour la voix, bref, la prépondérance masculine dans un domaine où comme dans d'autres elle n'a rien à faire, voilà qui est bel et bien tombé dans les oubliettes.
Les nouvelles générations de femmes jazzistes sont là et elles animent les jazz sessions dans les clubs de n'importe quelle ville du pays.


05 MARS 2005

Por sexta vez Mujeres en el Jazz

OMAR VÁZQUEZ

La sexta edición de Mujeres en el Jazz se desarrollará en el club habanero La Zorra y el Cuervo, desde este sábado hasta el martes 8, con conciertos a partir de las 10:00 p.m.

Canela abrirá el evento junto a las percusionistas de Afroamérica y la baterista Gipsy; el domingo tendrá a Bellita y Jazz Tumbatá como protagonistas, con la flautista Glenda López, las saxofonistas Lucía Huergo y la alemana Astrid Pape en calidad de invitadas; y el lunes al cuarteto de la vibrafonista Tamara Castañeda y el trío de la cantante y pianista Neisy Wilson.

La clausura, el martes, estará a cargo del cuarteto vocal Sexto Sentido y Danay Bautista y su Banda Esperanza.

 

20 OCTOBRE 2004

Cuerdas al filo de la medianoche

PEDRO DE LA HOZ

A Pedro Luis Martínez se le ocurrió la idea y, apenas se supo, a La Zorra y El Cuervo acudieron gentes (desde Ernán López Nussa, Danay Bautista y Carlos Varela hasta Lisday y Mirtica) que sabían la dimensión de lo que se estaba cocinando: tres guitarristas al tiro que giran en la órbita de los más exigentes circuitos jazzísticos.

Carlos Emilio Morales es parte de la identidad de Irakere, aunque desde mucho antes dio a conocer su extraordinario talento. A Leo Brouwer le escuché decir que en los tiempos del Teatro Musical de La Habana "el gordo" era uno de los músicos más seguros e integrales, de lectura concienzuda e interpretación consecuente.

Peruchín Jr. asimiló desde que abrió los ojos la herencia de las descargas que tipificaron el jazz cubano de finales de los cincuenta. Su constante ejercicio entre los más variados géneros de la música popular y un sexto sentido abierto a la latinización del jazz lo hacen dueño de un oficio admirable.

José Luis Chicoy encarna el virtuosismo asumido con inteligencia. Se ha hecho imprescindible en formaciones de jazz y rock por constituir el enlace más orgánico en nuestro medio entre esas dos vertientes de la creación sonora.

Tener a estos tres músicos de primera línea en un intercambio fue un lujo para el jazz cubano. Una sesión que merecía ser grabada. Estándares norteamericanos y cubanos, temas de Charlie Parker y de Ernesto Duarte, se entretejieron entre improvisaciones perfiladas a partir de muy singulares intervenciones: Peruchín con una dicción filinera; Carlos Emilio haciendo gala de una percepción armónica de notable agudeza; y Chicoy apelando a la brillantez de su dinámica.

En la base, mostrando elevadas credenciales, estuvieron Enrique Pla y Pedro Luis, aunque también tuvieron solos imaginativos y convincentes. Uno sigue siendo para este cronista el baterista ideal en una formación de todos estrellas del jazz cubano por su técnica y su cultura musical —dos polos que no siempre se reúnen en una sola persona— y otro, portador en Portugal de la tradición musical cubana y en los últimos tiempos destacado productor de proyectos especiales, contrabajista de dicción impecable.

8 MARS 2004.

Pasiones y contrastes

PEDRO DE LA HOZ

De la pasión con que las mujeres cubanas —las pocas que todavía lo hacen— asumen el género, nadie duda. La quinta edición de Mujeres en el Jazz comenzó en La Zorra y El Cuervo con un testimonio de ese espíritu.

Pero la música exige algo más que un compromiso. La excelencia profesional pasa por diversas aristas que van desde la aprehensión conceptual del momento jazzístico que se vive hasta el pulimento de los elementos técnico-expresivos en la ejecución de cada pieza, sin olvidar que en el centro de esta manifestación la improvisación juega un papel protagónico.

Este último aspecto fue el que se echó de menos en la primera presentación. Neisy Wilson, una pianista y cantante muy joven, se situó como líder del trío Gala Mayor y descubrió sus aptitudes para el canto sensible. Tanto ella como sus dos compañeros de equipo deben trabajar mucho más a fondo en las improvisaciones y el ajuste de un repertorio que a veces rozó con los tópicos del pop.

La llegada de Tamara Castañeda al escenario fue saludada por un público que en el último lustro ha sabido distinguir su virtuosismo y buen gusto, sobre todo cuando ha sido invitada a compartir faenas con Chucho Valdés.

Precisamente, el mérito mayor y más difícil desafío que se ha planteado esta vibrafonista, pasa por trasladar ciertos aspectos estilísticos que caracterizan el pianismo de Chucho a su instrumento. Tamara pasó por la prueba con donaire y exhibiendo una capacidad para el deslumbramiento.

Este tendrá mucho mayor alcance en la medida en que el cuarteto interiorice la necesidad de articular el sonido entre cada uno de los instrumentos. En música hay que saber escuchar a los demás.

El cierre estuvo a cargo de la Banda Esperanza y su líder, la guitarrista y vocalista Danae Bautista. Demasiado modesta, prefirió darles la alternativa a los jóvenes que la acompañan y nos privó de sus mejores improvisaciones, aunque reafirmó su liderazgo y una agradecida lucidez a la hora de concebir un sonido orquestal adecuado para un repertorio respetable, que alcanzó sus máximas cotas en las versiones de Puerto Padre y Caravana.

N° 604 Octobre 2003. (FRANCE)

On the road…
La Havane.
La Zorra y el Cuervo. Juillet 200
3

PATRICK DALMACE

Né en 1997, le Club de Jazz de La Havane La Zorra y el Cuervo n'a cessé depuis cette date de se consolider et d'affirmer une ligne que bien des clubs européens peuvent lui envier. Sans concession aux autres tendances de la musique cubaine, pourtant avides d'espaces, ce ne sont que des groupes de jazz qui se produisent sept jours sur sept sur l'étroite scène de la salle. Au rythme des changements de responsables, la politique du Club s'est pourtant modifiée. Largement ouvert sur le public cubain lors d'une précédente visite de Jazz Hot, La Zorra grouillait alors de musiciens et les apparitions de jazzmen de passage se terminaient par d'énormes descargas dont certaines restent dans les mémoires comme celles de Benson, Norris, Nicholson, Rubalcaba -Gonzalito demanda à jouer deux jours de suite !- et surtout Wynton Marsalis qui, pour satisfaire tous les jeunes jazzmen, convoqués par radio bembé, dû terminer par une masterclass, dehors, sur la Rampa.
Aujourd'hui, pour survivre et maintenir sa ligne, La Zorra y el Cuervo est obligée de se tourner vers les visiteurs étrangers, d'augmenter ses prix et, fatalement, l'accès en devient impossible aux jeunes (et moins jeunes) musiciens cubains. Les premières parties, animées par des groupes formés d'étudiants des Ecoles de Musique (si brillantes !) ont disparu. Les jam's continuent mais l'effervescence est moindre.
Reste que les programmes proposés permettent aux amateurs de découvrir un jazz havanero d'une grande richesse.
Au fil de juillet se sont présentés : Peruchín Junior, guitariste et pianiste de talent, capable d'une grande virtuosité mais que nous n'avons pas trouvé très bien entouré ; Alexis Bosch, pianiste ouvert sur les courants les plus modernes du jazz ; Pablo Menéndez, guitariste, ex-partenaire de Emiliano Salvador au sein de G.E.S., et son groupe Mezcla, mêlant dans une fusion de grande qualité, jazz, rock, blues… Le jeune trompettiste Alexander Brown, semble quant à lui être capable de s'ouvrir une voie royale. Déjà, David Murray, Steve Coleman, Ernán López Nussa requièrent ses services ! La Zorra l'accueille cette fois avec son propre quintet et sur des compositions personnelles. Vraiment à suivre.
Bellita (p) y Jazztumba, Gilberto Valdés (dr), Román Filiú (as), Joaquín Pozo (perc.), David Alfaro (p) avec Julio Padrón (tp), Orlando Sánchez (p, sax) avec Jorge Chicoy (g)… sont également à l'affiche du mois mais le plat royal est sans aucun doute le vétéran Oscar Valdés et sa formation, Diákara. Laissant la première partie à ses musiciens et leur permettant ainsi de montrer leur valeur sur des standards, Oscar Valdés, membre fondateur en 1973 de Irakere, propose dans sa seconde partie, un jazz s'appuyant sur les rythmes et chants yorubas. La maîtrise des tambours batá et leur utilisation dans le jazz a fait l'objet d'études et de recherches très poussées de la part d'Oscar. Le produit servi est d'une rare qualité et se démarque nettement d'un jazz afro-cubain qui depuis Chano Pozo s'appuie plutôt sur les rythmes rumberos, le bongó et la tumbadora. Il y a urgence à ce que Oscar Valdés y Diákara enregistrent !
La Zorra y el Cuervo : un club à ne pas négliger !

14 de MAYO 2003.

Homenaje a jazzistas cubanos
Celebran aniversario del club de jazz La Zorra y el Cuervo

MARÍA ELENA CAPOTE

EL 17 de mayo se cumple un aniversario más de la fundación del Club de Jazz Cubano en La Zorra y el Cuervo, céntrico lugar nocturno habanero —en plena Rampa—, donde se hace sentir la música de los amantes del jazz todas las noches. Con ese motivo se ofrece un programa especial en homenaje al conocido Bobby Carcasés —fundador del club— a Joaquín Pozo, destacado percusionista criollo y profesor de esos instrumentos en el Instituto Superior de Arte (ISA), y al Greco, intérprete también de reconocida trayectoria musical, entre otros músicos de igual valía artística vinculados al jazz.

Eduardo Valdés Rivero, director artístico de La Zorra y el Cuervo, informó en conferencia de prensa de las próximas actividades culturales que realizarán en dicho centro, entre ellas un homenaje también a Ernesto Lecuona y otros destacados pianistas cubanos como Emiliano Salvador y Felipe Dulzaides, en el mes de agosto.

Valdés Rivero reiteró los esfuerzos que se hacen para mantener la participación de La Zorra y el Cuervo en eventos musicales importantes como es el Cubadisco y el Festival del Jazz, todos los años.

-En este nuevo aniversario —afirmó— rendimos homenaje a los fundadores del Club de Jazz, pero las puertas están abiertas a todos los músicos que deseen tomar parte de estas noches de jazz en La Rampa.

La Zorra y el Cuervo es un pequeño sótano que recuerda a los numerosos locales nocturnos de Nueva York, que en los años 40 y 50 hacían furor con el apasionado y melancólico ritmo de los negros norteamericanos y al que el bongosero cubano Chano Pozo incorporó su toque rítmico, estableciendo una unión inolvidable en la historia de la música.

August 1999.

Cubadisco 99'

ELMER GONZÁLEZ

... Entre otras actividades, disfrutamos del homenaje a Chucho Valdés e Irakere, junto a Juan Formell y los Van Van, en el Teatro Nacional. El grupo del juvenil baterista Oscarito Valdés nos deleitó con un movido repertorio de jazz cubano en el club La Zorra y el Cuervo en la famosa "rampa habanera". Allí apreciamos el talento del trompetista Yasek Manzano, un "teen-ager" que está dando mucho de qué hablar por su inmenso potencial en el mundo del jazz. En el "Callejón de Hammel", una pintoresca calle con una muestra de todos los colores, los dioses, humores y caderas danzantes del Caribe, se presentó el grupo de rumberos "Clave y Guaguancó". El mismo nos elevó la temperatura del cuerpo a niveles sin precedentes....