SANTIAGO de CUBA:

La Casa de la Trova.


Depuis la fin du XIX° siècle les cantantes de Santiago de Cuba, devenus les trovadores dans les années trente, ont l'habitude de se rassembler sur la Plaza Marte ou autour du Parque Cespedes.


Santiago de Cuba. Le Parque Cespedes au début du siècle.


En 1967, le délégué à la culture, Calixto CARDONA, fils du cantante Manuel CARDONA -partie prenante de l'historique controverse entre CORONA et Sindo GARAY-, donne aux musiciens santiagueros un petit local situé dans la rue Herredia, non loin du Parque Cespedes et de la Cathédrale.

La clé est confiée à une tierce personne qui s'accapare du local, y entrepose des sacs de riz et divers objets personnels. Les trovadores ont toutes les peines du monde à accéder au lieu. Ángel ALMENARES et Ramón MÁRQUEZ se plaignent à Calixto qui aussitôt récupère la clé et la remet aux deux musiciens en leur disant que désormais ce lieu, même s'il est minuscule, est le leur, qu'ils en sont responsables et en ont le libre accès.

Ramón Márquez et Ángel Almenares.



R. Márquez, M. Castillo, M.A.Justíz, Daniel Castillo et leur Cuarteto Oriente
dans les toutes premières heures de la Casa de la Trova.
Photographie Collection C.Cardona.

A Ángel et Ramón se joignent en 1967 pour fonder la CASA de la TROVA, Daniel CASTILLO, Miguel Ángel JUSTIZ, Manuel CASTILLO

La CASA de la TROVA devient alors le véritable lieu de vie des musiciens santiagueros. Les trovadores y font connaître leurs compositions, leurs capacités à interpréter celles-ci ou les oeuvres de leurs pairs. Ces rassemblements permettent également la sauvegarde des traditions. Ce qui s'envolait auparavant aux coins des places de la ville se fixe et constitue un patrimoine que chacun préserve.

La CASA de la TROVA se donne d'une formation, le "QUINTETO de la TROVA" dont le premier directeur en 1976 fut le joueur de cuatro Rigoberto "Maduro" HECHEVARRÍA.


Justíz, Pucho "El Pollero", Lisbeth, Márquez à la Casa de la Trova.
Photographie Col.lection C.Cardona.


1972, Casa de la Trova, Las Hermanas Ferrín accompagnées de Eugenio Portuondo.
Photographie Collection C. Cardona.

L'arrivée du tourisme a déplacé La CASA de la TROVA de l'autre côté du porche d'accès, plus spacieux mais mons typique. Les trovadores ont ouvert leur espace aux soneros et le lieu est un lieu de bouillonement musical. Il fonctionne quotidiennement, matins et soirs, et tous les musiciens santiagueros s'y produisent régulièrement.

A l'étage, le Salón de los Grandes reçoit la nuit les plus importantes formations de la Trova Santiaguera.


Compay Segundo de passage à la Casa de le Trova. Photographie: Col. A. Almenares.

Sur le modèle proposé par Santiago s'est créée dans la plupart des villes de l'île une CASA de la TROVA où, sans faire abstraction de l'évolution musicale, la tradition de la musique populaire cubaine est préservée.
Au cours de l'année 2010 le projet de redonner à la CASA de la TROVA son lieu orginel voit enfin le jour.

 

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