EMBALE, Carlos
(La Havane 1923-1998)

Carlos est né dans le barrio Jesús María et comme tous les jeunes de ce quartier défavorisé il doit gagner sa vie très tôt. Il travaille sur le port et y côtoie comme dans son quartier les rumberos.
Il chante et alors qu'il n'a que treize ans un ami l'entraîne au concours de La Corte Suprema del Arte. Il remporte le premier prix en 1936 mais comme noir n'obtient pas de contrats pour débuter une carrière artistique. Il domine les différentes types de rumbas et chante avec les rumberos de  « Los RONCOS ». Il compose « Guaguancó en San Miguel », « A los rumberos caídos »… . Plusieurs autres amis musiciens l'introduisent dans le " SEPTETO BOLOÑA " et le « BOLERO ». Il maîtrise aussi à cette époque le Son, la Guaracha, également le bolero, et aussi le danzón ce qui lui permet un temps de rejoindre « ARCAÑO y sus MARAVILLAS ».

En l'espace de quelques mois et tout en continuant à travailler sur le port Carlos collabore aussi avec les formations de Neno GONZÁLEZ, de José Ramón FERNÁNDEZ … Au début des années quarante il chante dans les fritas de la plage de Marianao. Il y rejoint notamment la formation de Guillermo DÍAZ; travaille au cabaret La Carioca et avec El Chorí. Lorsqu’il ne trouve pas à gagner sa vie en chantant il est sur les quais. Il y fait la connaissance de "Benny" MORÉ avec qui il fréquente après le travail divers bars comme la Barra de José où ils chantent spontanément.
Après un passage au sein de " MELODÍAS del 40 ",  EMBALE entre dans " Los DANDYS del 40 " en 1944 et enregistre avec ce groupe. Deux ans plus tard lorsque MATAMOROS recrute "Benny" MORÉ Carlos prend la place de ce dernier dans le septeto de MOZO BORGELLÁ, puis remplace " Benny" dans les conjuntos de MATAMOROS avec qui il réalise plusieurs enregistrements.

 

Après avoir apporté sa voix à l'orchestre de Rafael ORTÍZ qui anime l'Académie Havana Sport, Carlos est appelé en 1954 par Ignacio PIÑEIRO qu’il a côtoyé au sein de « Los RONCOS » pour chanter dans le " SEPTETO NACIONAL " que relance ce dernier. Ignacio veut le voir chanter de nouveau le guaguancó. Le septeto  ne rencontre pas réellement de succès.

Carlos Embale, "El plato roto" ... ...

Toutefois l'ethnoogue Rafael Ortiz se rend compte de l'authenticité de la voix de Carlos et le convie à enregistrer avec un ensemble rumbero traditionnel. EMBALE enregistre ainsi avec le "CONJUNTO de Alberto ZAYAS" plusieurs Guaguancó ainsi que la columbia "A Malanga" et le Yambú "Ave María Morena".

Conjunto Alberto Zayas, "Ave María Morena". Voix Carlos Embale. >>>>


Carlos rejoint Compay Segundo en 1956 lorsque celui-ci forme son groupe personnel. Il enregistre avec lui « Juramiento ».

Son ami "Mongo" SANTAMARÍA qui l'avait introduit auprès de BOLOÑA vient à La Havane en 1960 et le sollicite pour enregistrer: "Mongo en La Habana". PIÑEIRO qui reforme le « NACIONAL » l'engage de nouveau et Carlos participe alors à de nouvelles grandes heures du Septeto.  Grâce à ses connaissances de la Rumba, EMBALE est recruté en 1964 par le "CONJUNTO FOLKLÓRICO NACIONAL" pour chanter les guaguancó. Finalement Carlos EMBALE organise le " CONJUNTO de GUAGUANCÓ " avec lequel il enregistre 1975 des classiques du genre sortis du répertoire traditionnel: "Yambú", "Paso Franco", "Tu eres muy niña", "La Habana"... le thème de Santos RAMÍREZ "Allá viene, como viene" et une composition personnelle "Y a Matanzas" .

Le travail est astreignant et Carlos retourne auprès de PIÑEIRO cette même année. La voix de Carlos EMBALE , aigue, avec un vaste registre se prête à tous les genres et les formations qui l’invitent à enregistrer sont nombreuses, tant soneras , « Los MONTEROS », « CONVERGENCIA », « EXCORDE », « VARONA SON »… que  rumberas. Il enregistre  ainsi comme invité des « MUÑEQUITOS de MATANZAS »,  de « CLAVE Y GUAGUANCÓ ».

Carlos reprend également la composition de «  Chano » POZO « Pin pam pum » qu’il interprète soutenu par  « Los RONCOS CHIQITICOS » . Carlos  accompagne en 1979 PELLO el AFROKÁN et le musicologue Odilio URFÉ à New York où ils se présentent au Carnegie Hall.
A la fin des années quatre-vingt, toujours membre du « SEPTETO NACIONAL », il en assume la direction. Avec le septeto, mais sous son nom,  sort en 1990 un disque comportant parmi les thèmes « Me duele el corazón », « No jueguen con los Santos », en hommage à son prédécesseur Rafael « Mañungo » ORTÍZ.
Fatigué Carlos EMBALE quitte la formation et se retire de la vie musicale professionnelle. Il disparaît en 1998.

© Patrick Dalmace

Discographie sélectionnée:
* "Que bueno canta Embale", L.H. ~1995, Egrem 102.

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