RODRÍGUEZ, Arsenio. Ignacio Arsenio TRAVIESO SCULL dit: (Güira de Macurijes 1911-Los Angeles 1970)

Ses plus proches ancêtres sont depuis peu à Cuba, amenés directement du Congo comme esclaves et les traditions africaines sont vivaces dans la famille. A sept ans les RODRÍGUEZ partent vivre à Güines. C'est vers cette époque que, frappé par les sabots d'une mule, Arsenio perd la vue.
A la fin de la décennie, tandis que ses frères Quique et Raúl commencent à montrer leur penchant pour la musique, leur père fait fabriquer un tres pour Arsenio. C'est le facteur de l'instrument, Victor Feliciano, qui lui enseigne les premiers rudiments et Arsenio apprend à une vitesse prodigieuse. Il est également très à son aise avec la basse, les congas, le quinto ou les maracas.


Dans le quartier de Marianao où la famille est désormais logée, Arsenio côtoie GODÍNEZ, le guitariste du "SEXTETO HABANERO". Arsenio RODRÍGUEZ commence à composer.
Au début des années trente il forme avec son cousin Jacinto SCULL, chanteur, le "SEXTETO BOSTON " qu'ils vont maintenir en activité jusqu'en 1937 avant de rejoindre le trompettiste José INTERIÁN dans le "SEPTETO BELLAMAR".
"Bruca Manigua" l'une des plus belles compositions de Arsenio est enregistrée par Miguelito VALDÉS et l'orchestre "CASINO de la PLAYA" en 1937. Arsenio RODRÍGUEZ aura aussi l'opportunité de s'intégrer à l'orchestre pour y interpréter son pregón "Se va el caramelero".

En 1942 le directeur du "BELLAMAR", le guitariste et chanteur Estebán REQUEIRA, offre à Arsenio RODRÍGUEZ la direction du septeto et la possibilité de le transformer. Le tresero fonde alors le "CONJUNTO Arsenio RODRÍGUEZ" auquel il donne une orientation toute particulière et avec lequel il va révolutionner la musique populaire cubaine.


New York 1947. Arsenio, au second rang, sixième à partir de la gauche avec POZO -troisième- et les musiciens des AFROCUBANS.
Photographie: Archives Tumbao. Barcelona.

En 1947 Arsenio, convaincu par ses amis Miguelito VALDÉS et Mario BAUZÁ, se rend à New York pour consulter un ophtalmologiste. Il pense pouvoir retrouver la vue mais le médecin est catégorique. Le nerf optique est totalement détruit. Le désespoir le conduit à se réfugier dans l'écriture. Il compose alors l'exceptionnel bolero "La vida es un sueño". A New York il enregistre avec ses amis et notamment avec "Chano" POZO installé depuis quelques mois dans le Barrio, avec son ancien guitariste Marcelino GUERRA et les musiciens de MACHITO. Outre des thèmes de "Chano" il enregistre quelques compositions personnelles dont "Paso en Tampa".
Au début des années cinquante, Arsenio confie la direction du conjunto à Félix CHAPPOTÍN et en 1952, avec René SCULL il se décide à quitter l'île pour le Barrio new-yorkais. Là il reforme un conjunto.
Son ultime enregistrement, Arsenio RODRÍGUEZ le réalise en 1968.
Usé, il quitte New York pour Los Angeles en 1970 avec le désir de rejoindre Cuba et sa famille. En décembre de la même année il décède d'une pneumonie.

© Patrick Dalmace

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* Cf. "Conjunto Arsenio RODRÍGUEZ" Poz
* In "Legendary Sessions", L.H. 1948-N.Y.1953, Tumbao TCD 017.

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