BONNE, Enrique, (San Luis 1926)

La mère de Enrique BONNE est professeur de piano et c'est d'abord avec elle qu'il se familiarise et apprend l'instrument. Il écoute les classiques que jouent les élèves de sa mère. Enrique a ensuite successivement deux professeurs particuliers qui lui assurent une formation musicale. La famille s'installe à Palma Soriano puis à Santiago de Cuba en 1947. C'est à cette époque qu'il écrit sa première composition « El Jején ».

Dans les années précédent la Révolution il chante et joue du piano ponctuellement dans la formation de son ami Pacho ALONSO . Il compose à la même époque plusieurs thèmes pour les comparsas de Santiago de Cuba. Lorsque Pacho triomphe au Carnaval de La Havane, Enrique qui vient de créer pour lui le rythme Pilón développant une figure rythmique jouée par le batteur santiaguero Hesmerido FERRERA (1920-1983) est avec lui sur le carrosse de La Polar. Mais Enrique se consacre définitivement à la composition et à la direction d'orchestre.

Son premier Pilón  , « Baila José Ramón » est enregistré par la Victor en 1963.

Les percussions de ces groupes qui défilent pour carnaval l'intéresse et il fonde en 1961 le groupe « Los TAMBORES de ORIENTE ». Cette formation possède des caractères spécifiques. Il s'agit d'un orchestre de cinquante quatre percussionnistes recrutés dans diverses comparsas de Santiago. Le tambour, marginalisé, de mauvaise réputation, doit prendre pour Enrique toute son importance. Il utilise les tumbadoras , catá , chekeré , güiro , galletas , bocú et la corneta china . Plusieurs thèmes comptent sur un chœur.

Il monte ainsi pour débuter «El Manisero» et une « Sinfonía China ».
Dès leur création le groupe qui devient rapidement « Los TAMBORES de Enrique BONNE » est invité au carnaval où il prend place sur deux chars et défile à Guanabacoa et San Antonio de los Baños. L'irruption de ces tambours dans la vie musicale publique, de ces cinquante quatre percussionnistes noirs crée de nombreuses tensions et polémique mais l'année suivante « Los TAMBORES de Enrique BONNE » est le premier groupe de percussion à pénétrer dans un grand théâtre, le Chaplín, puis enregistre son premier disque.

 

Avec ce groupe Enrique BONNE travaille pour les carnavals de Santiago et de la capitale à la Casa de la Amistad de La Havane et pendant dix ans à Varadero à partir de 1981. Toutes les provinces de l'île accueillent le groupe qui enregistre de nouveau en 1984 puis en 1987. « Los TAMBORES de Enrique BONNE » voyage également en Colombie en 1997.

De cinquante quatre musiciens le groupe est passé à vingt et un pour des raisons de incompatibilité, de logistique et économiques notamment avec la mise en place du Periodo Especial au début des années quatre-vingt-dix.


Bonne au Carnaval de Santiago. Photographie Sierra Maestra.

La fin des années quatre-vingt dix et le début des années du siècle voit «Los TAMBORES de Enrique BONNE » se produire aussi lors de la Fiesta del Fuego et au Tropicana de Santiago de Cuba et Enrique BONNE emmène ses percussionnistes en studio pour l'enregistrement de « Son en Percusión ».

Parallèlement Enrique BONNE continue de composer et au cours de sa carrière il voit -parmi plus de trois cents compositions- un grand nombre de ses thèmes chantés par Pacho ALONSO – «Yo no quiero piedras en mi camino », «Se tambalea » , « A cualquiera se le muere un tío », … - Ibrahim FERRER – «Un granito en la arena » ,   Celia CRUZ , la « ARAGÓN », « Las ESTRELLAS CUBANAS », Ismael Rivera, Johnny Ventura ….

© Patrick Dalmace

Discographie sélectionnée:
* "Son en percusión", Santigo de Cuba 1996, Universe.

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