UCI A
Septeto, Conjunto, Orquesta ANACAONA

Caridad "Cachita"(1905-1976) et Concepción "Cuchito" ( 1907-1982) les deux filles aînées de Matias CASTRO, commerçant, descendant de chinois et de Concepción ZALDARRIAGA, étudient le piano dès la fin de la décennie 1910.

En 1931 le tyran Machado, pour contrer les grèves et manifestations étudiantes, ferme l'Université.



La grève, les manifestations et Concepción "Cuchito" *

A quelques mois de terminer ses études dentaires "Cuchito" doit les abandonner. La famille est amie avec de célèbres musiciens, María Teresa VERA, Ignacio PINEIRO, Isolina CARRILLO, la future grande pianiste et compositrice, Lázaro HERRERA ... "Cuchito" qui parallèlement à ses études donnait des cours de musique imagine organiser un septeto sonero avec certaines de ses soeurs et des amies, Ela O'REILLY, voix; Isabel "Beba" ÁLVAREZ, bongó; Berta CABRERA, contrebasse. Ada CASTRO (1913) a déjà appris le tres. Elle entre dans le septeto dès ses débuts avec "Cachita" qui chante aussi et "Cuchito", guitare.

Il faut un nom pour la formation. C'est Ela O'REILLY qui raconte la légende de la princesse taina et propose le nom de Anacaona. Il manque toutefois une trompette, indispensable pour un septeto et, lors de leur première prestation à la radio Bellavista, c'est avec la trompette de Félix CHAPOTTÍN que "ANACAONA", qui n'est encore qu'un sexteto, se fait entendre sans que le public ne sache le nom du trompettiste.
Pour résoudre le problème la jeune Ondina (1917-2007), apprend l'instrument en quelques mois avec l'ami trompettiste Lázaro HERRERA qui lors d'une prestation du "SEPTETO NACIONAL" dans un club du Parque Central l'invite et lui propose sa trompette pour jouer "Echale salsita". Ondina est lancée, le septeto a sa trompettiste.


Le septeto se produit pour la première fois en février 1932 au Théâtre Payret de La Havane face au Capitole mais il est déjà en direct sur la radio CMCD pour le programme Karicaturas et en avril aux côtés de la formation de Neno GONZÁLEZ, les jeunes filles animent le Baile du Casino Español puis celui de la Noche Canaria, du Club Comunicaciones et celui de l'Association des Dependientes. Le Septeto fait partie des formations qui inaugurent dans un programme musical ininterrompu la station de radio CMCY en mai sans que celà les empêche d'être également en direct sur CMX. On l'entend également au Teatro Marti pour un hommage à Julio Gallo.

Probablemente Ela, "Cachita", "Bola", Ondina
Ada, probablement "Beba", "Cuchito".




Berta, 3° à partir de la gauche; "Beba" 5° et Ela 7°, les amies des soeurs Castro, premières musiciennes de Anacaona *.


Toujours lors de cette année 1932, la grande fête de la société étudiante Concepción Arenal compte sur la présence de "ANACAONA" en juillet et le même mois le septeto est sur scène au Casino Español, au Teatro Nacional.
Plusieurs prestations ont lieu en août et septembre notamment à Santiago de las Vegas, dans les Jardins de la brasserie La Polar pour la fête des Vendedores avec plusieurs autres formations de renom. En septembre "ANACAONA" (Souvent annoncé comme sexteto sans que l'on sache réellement si les jeunes filles qui sont souvent interchangeables sont six ou sept) est présentée officiellement lors d'un grand événement au Teatro Principal La Comedia en septembre.

Le mois suivant c'est au Teatro Velasco que l'on entend le "SEPTETO ANACAONA". La formation anime aussi le Día de los Niños au Teatro Nacional, participe à l'Hommage à María Cervantés, puis est partie prenante d'un grand concert au Teatro Principal La Comedia où figurent les plus grandes vedettes de la musique cubaine et les plus grandes formations.

"ANACAONA" réalise sa première tournée dans l'est de l'île. Le groupe joue dans plusieurs ville dont Holguin, Cienfuegos...

Durant cette période la radio continue de présenter le groupe féminin, notamment la CMQ, la CMY, qui participe également à divers hommages et concerts solidaires notamment pour les sinistrés de Camagüey, région touchée par un cyclone, avant de célébrer le Nouvel An à l'Hôtel Pasaje sur les célèbres Aires Libres .


Au fil des mois les soeurs les plus jeunes apprennent à jouer divers instruments. Alicia (1920-?) apprend le piano et le saxophone mais elle s'empare de la contrebasse un jour où Berta est absente et... la remplace finalement. Emma (1909-1990) qui a appris le trombonne et le piano rejoint aussi ses soeurs. Argimira "Millo" (1922-1981) n'a qu'une dizaine d'années mais est sans cesse en train de taper des rythmes sur tout ce qu'elle trouve et elle finit par prendre des cours de percussions avec "Manzano" GUERRA, un percussioniste voisin. Lors d'un set dans un café où joue "ANACAONA" ses soeurs l'invitent à jouer du bongó. Le public est enchanté et la réclame pour le set suivant. "Beba" ÁLVAREZ quitte la formation à l'issue de la prestation et "Millo" prend définitivement sa place.

Millo à ses débuts dans la formation*.


Le septeto est convié à jouer au Café El Dorado, un café select face au Capitole. Olga "Bola" (1916-1985), voix et maracas entre dans le septeto, "Cachita" alterne entre voix et contrebasse selon les besoins.


Le groupe participe à la Fiesta del Mar en janvier 1933 où interviennent onze formations dont le grand orchestre féminin du moment "ENSUEÑO". Les deux formations ainsi que la "ILUSIÓN", autre groupe féminin, vont commencer à se concurrencer sur les Aires Libres.
Alors que "ANACAONA" est au Café El Dorado, "ENSUEÑO" est sur la terrasse voisine du Pasaje et apparaît avec plusieurs cuivres. Même avec sa voix puissante Ela O'REILLY ne peut couvrir l'orchestre voisin et le public délaisse El Dorado.

Immédiatement c'est le branle-bas de combat autour de "Cuchito" et de Matías le père qui dit qu'il reste des filles dans la famille qui n'ont pour l'instant pas intégré le septeto. Emma qui joue du piano prend aussitôt des cours de trombone avec Antonio l'un des "Hermanos CASTRO". Ziomara (1925-2008) se met à la trompette avec Lázaro HERRERA. La nouvelle mouture du groupe répète quelques semaines et rapidement apparaît avec dix membres à la terrasse du Café El Dorado avec un répertoire qui déborde celui du septeto avec de la musique américaine, du jazz, des paso-dobles, et des danzones. Selon les besoins les filles changent d'instruments. Alicia peut être saxophoniste, contrebassiste, clarinettiste. "Bola" joue du banjo, maracas, flûte et d'autres instruments à vent. "Millo" peut être devant son bongó, des congas ou un set de drummer. Le piano va des doigts de "Cachita" à ceux de "Cuchito" en passant par Emma. En outre Flora, qui tout au début jouait de la marimbula, fait fonction de styliste pour préparer de nouvelles tenues. Pendant une courte période les onze soeurs jouent dans la formation qui devient selon les nécessités un grand Conjunto ou un Tipo Jazz Band. La trés jeune Graciela PÉREZ devient la chanteuse de "ANACAONA".



Les jeunes filles se présentent également dans les cinémas, comme l'Imperio dès mars, les théâtres Actualidades, Tosca au cours de l'année. On entend aussi la formation au Club Yayabo en province. C'est là que Emma réalise l'une de ses dernières prestations avec ses soeurs. A la suite Ada doit prendre des cours de trombone, ce que fait aussi "Cuchito".
Le groupe réalise sa première tournée internationale mouvementée à Puerto Rico. "ANACAONA" y est engagé avec un autre orchestre féminin "ORBE" mais sans "Cuchito" partie jouer avec "ILUSIÓN" en Jamaïque. Ninon une cousine est engagée comme troisième violoniste et probalement que Graciela, malade, a été remplacée par Elsa RIGUAL. Le séjour dure deux mois à l'hôtel Condado de San Juan et pour les fêtes de Carnaval.
La formation se déplace en avril à Pinar del Río et en mai pour la Fiesta Orquideas Negras, le septeto et le " ENSUEÑO " sont annoncés mais le concert est marqué par un conflit avec les organisateurs à cause des contrats.
"ANACAONA" est invité à faire danser le public de la grande fête des Vendedores à La Tropical en août, cotoyant les prestigieuses formations de Antonio María ROMEU et
le "SEPTETO NACIONAL", la "SONORA MATANCERA" ...



Le Mexique accueille la formation pour sa seconde sortie internationale. "ANACAONA" passe près de six mois entre Mérida et la capitale mexicaine.

En fin d'année, à plusieurs reprises la formation anime les bailes de la Juventud Atlétic de la Vibora.


Anacaona dans les cabarets des Aires Libres. El Dorado à gauche et El Pasaje à droite *.


Dès janvier puis en février et en juin la célèbre chaîne de magasins Precios Fijos convie la formation à jouer sur sa célèbre plateforme durant ses Ferias. L'orchestre est aussi l'animateur d'un grand baile à l'hôtel Pasaje ainsi que du Carnaval dans le quartier de Santos Suárez.

Au mois d'avril a lieu un déplacement à Matanzas au Teatro Velasco, un autre à Cienfuegos et de nouveau à Matanzas pour faire danser la jeunesse au Deportivo.
En juin, un grand festival à lieu à La Tropical et le "SEPTETO ANACAONA" y participe, défilant également sur le carrosse annonçant l'événement dans les rues de La Havane. Le même mois le septeto inaugure la nouvelle piste de danse du Balneario de la plage de Marianao.

En décembre " ANACAONA" est sur la scène du club Hispano pour le grand Baile de los Tigres. En avril 1935 on retrouve le groupe au Teatro Martí, en mai à La Polar pour la Verbena Oriental organisée par la Chambre de Commerce de Chine, de nouveau au Teatro Marti et au Tosca en juillet. Au mois de septembre le Club Español de Almendares les engage pour le bailable de leur fête et le mois suivant les jeunes filles animent un almuerzo dans les jardins de La Cotorra et une fête à La Polar. La célébration de la Saint Christophe compte sur la formation.
Une troisième tournée a lieu à Panama. La formation se compose à ce moment de huit des soeurs, de Anita PERMUY, voix et rumbera et Delia VALDÉS, pianiste et danseuse également. Les deux jeunes femmes assurent des shows soulevant l'enthousiasme du public de Colón où la formation se produit avant de mettre le cap sur Barranquilla en Colombie.


Après la grande fête donnée au Parque Maceo en janvier 1936 où jouent plusieurs grandes formations dont " ANACAONA", l'orchestre embarque en février sur le ferry Yucatán pour le port de Progreso au Mexique où débute alors une nouvelle tournée dans les états de Campeche, Tabasco, Guerrero, Veracruz et dans la capitale mexicaine.


Anacaona avec la Banda del Estado Mayor de Veracruz. Mexico 1936.

Le séjour se prolonge jusqu'au mois de mai ce qui prive la formation de plusieurs contrats. La reprise des activités à La Havane est marquée par le banquet du Club Femenino de Cuba au Roof Garden de l'hôtel Plaza, le baile du Sporting Club de Betancourt puis l'orchestre se déplace à Santiago de Cuba pour le Carnaval.

Les tournées se poursuivent et "ANACAONA" est de nouveau en Amérique Centrale et en Amérique du Sud au début de 1937. La formation est de retour en mars et au printemps, outre quelques concerts et bailables, elle réalise ses premiers enregistrements "Después que sufres", "Amor inviolado", "Algo Bueno", "Besame aqui", "O Marambé", ainsi que la composition de "Rapindey" "Maleficio"… dans les studios de la RCA Victor à La Havane.

A ce moment Graciela chante, "Cuchito" est guitariste, Ada, tres; Alicia, contrebasse; "Bola", maracas; Ondina, trompette et "Millo", bongó.

C'est là que le groupe rencontre le flûtiste Alberto SOCARRÁS.

Orquesta Anacaona, "Maleficio". Voix Graciela Pérez. ..>>> ... ....

 

L'année suivante le septeto, grâce à SOCARRÁS, est engagé pour se produire à New York au Cabaret Havana-Madrid. Le déplacement à lieu en novembre 1937 et au tout début de l'année 1938. Ada, "Bola", Ondina, "Millo", Alicia et Graciela sont du voyage. "Cuchito" malade n'est peut-être pas du voyage ou bien arrive à New York postérieurement. Elles passent après l'orchestre du lieu, celui de Nilo MENÉNDEZ. Les filles jouent également au Waldorf Astoria, à l'Hôtel Commodore, à l'Hôtel Pierre... et on peut les entendre sur les ondes de la radio NBC. Les filles font la connaissance de nombreux jazzmen et "Millo" se fait conseiller par Buddy Rich pour l'achat d'une nouvelle batterie. Pendant ce temps sur les Aires libres le "EDÉN HABANERO" les remplace.

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Menu du Havana Madrid et Concert à l'hôtel Commodore avec l'orchestre de Enric Madriguera*.


A New York, un impresario français veut emmener le septeto à Paris. L'intervention efficace et persuasive de SOCARRÁS conduit l'entrepreneur de spectacles à engager toutes les filles y compris certaines restées à Cuba. Avant de partir l'orchestre joue à La Havane au Teatro Nacional.
Sont du voyage
"Cuchito", "Bola", "Millo", Alicia, Ondina, Ada ainsi que Graciela, Anita PERMUY et Hortensia PALACIOS. Reconnues sur le bateau les filles y donnent des concerts.


Anacaona sur le bateau vers l'Europe *.


A Paris "ANACAONA", à l'heure du thé, joue aux Ambassadeurs un répertoire international et en soirée la musique cubaine, son, rumba, conga. Les jeunes femmes jouent ensuite au Club Chez Florence au même programme que Django Reinhardt, Stéphane Grappelli et le Quintet du Hot Club de France. Selon les besoins elles utilisent les formats de septeto, conjunto ou jazz band.

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Les inquiétudes devant l'imminence d'une seconde guerre mondiale, la situation en Espagne les conduisent à renoncer à diverses prestations en Europe et en Afrique. Les sœurs CASTRO et leurs partenaires rentrent à Cuba le 13 juillet à bord du vapeur Iberia et assurent plusieurs prestations en fin d'année au Club San Carlos, pour un hommage au Général Asbert, ainsi que pour le recital de Carmen BURGUETTE....

D'autres disques issus des enregistrements de l'année préédente sortent au milieu de 1938 avec comme titres "Besame aquí", "Oh! Marambé marambé" toujours comme septeto.

"ANACAONA" retrouve les Aires libres, El Dorado et également le Saratoga.






Anacaona sur les Aires Libres *.

En janvier 1939, l'orchestre est l'invité du très sélect Club Atenas. Sont annoncées comme membres de "ANACAONA" huit des soeurs CASTRO, Concepción, Ondina, Ziomara, Alicia, Caridad, Ada, Olga "Bola", "Millo" et avec elles Graciela PÉREZ et Hortensia PALACIOS. La formation joue encore ce même mois à l'issue d'un match de pelote, pour la Feria Agricola et le mois suivant pour une fête enfantine de la Juventud Deportiva Viboreña, ainsi qu'un grand bal pour la Société du Liceo à Matanzas. En mars les jeunes femmes se rendent à Santa Cruz del Norte lors des fêtes de Carnaval pour un autre grand bal au Santa Cruz Yacht Club. Une nouvelle fois avec d'autres formations de renom elles animent le Día del Vendedor à La Tropical.

En juillet cinquante cinq orchestres dont "ANACAONA" participent à un hommage national à Arriete, un haut responsable musical cubain, dans les jardins du village de Puentes Grandes proche de la capitale.
Lors d'un autre hommage l'orchestre accompagne Clarita ROCHE VALDÉS qui interprète "Le Danube Bleu". Une grande fête privée réunit en août trois orchestres féminins,"ANACAONA", "EDEN HABANERO" et le " HATUEY" de Delia VALDÉS tandis qu'on peut écouter régulièrement la formation sur les ondes de C.O.C.O. et celles de C. M. C. K.

Plus tard dans l'année la formation se rend à Santa Clara pour faire danser le public assistant à un baile organisé par la Ligue contre le Cancer.


Annuaire des musiciens 1939.

Après avoir animé une matinée dansante à La Tropical en janvier 1940, "ANACAONA" se voit proposer un contrat au Casino de Varadero incluant l'animation du Carnaval du Liceo et du Deportivo. Au Summer Casino les jeunes filles jouent plusieurs jours par semaine. On les y entend pour la Fiesta Miss Cárdenas 1940, la Fiesta del Niño, la Fiesta Hawaï, Baile de Mamarachos. Elles vont aussi jouer au Club Nautique. Le contrat se poursuit à Varadero mais le conjunto joue aussi au Casino Espagnol de Jaguey Grande proche de Varadero et prend congé du Carnaval à Cárdenas avec les danseurs du Club Deportivo.


Pour la Semaine Sainte c'est de nouveau le Club Nautique qui les reçoit avec "Los HERMANOS LEBATARD". De avril à mai le Casino propose de nouveau un contrat au groupe pour tous les week end. Il devient le groupe maison du Casino. Dès le premier week end il joue en plein air au Parque de Colón puis au Casino. En mai c'est "ANACAONA" qui fait l'inauguration du Stadium de Matanzas.


Dans la semaine l'orchestre est souvent sur les Aires Libres mais aussi pour diverses prestations comme au Teatro Nacional en mai. Le défilé du 1° mai sur le Malecón de La Havane voit aussi la participation du groupe. "ANACAONA" continue la saison d'été au Casino de Verano où le groupe reste jusqu'en septembre.

Les années quarante sont marquées par de très grandes tournées internationales. "ANACAONA" visite tous les ans le Mexique et presque aussi fréquemment le Venezuela. En 1942, en Colombie, les filles animent la chaîne Cortejer. Graciela PEREZ quitte ses partenaires au début de la décennie et peu après rejoint son frère MACHITO à New York. "Rubi" la remplace mais à peine arrivée à Merida en 1944, elle est évincée et on appelle alors Ana María GARCÍA. La même chose arrive à la contrebassiste ARIETA et c'est "Cuchito" qui prend l'instrument. Hortensia PALACIOS est la pianiste du groupe et la plus jeune des soeurs, Yolanda (1929-2010) qui maîtrise saxophones, clarinette, hautbois, guitare.. est du voyage mais pas Emma.
La tournée se prolonge jusqu'à la capitale durant plusieurs semaines.
Une nouvelle sortie internationale attend "ANACAONA" en 1947: Aruba, Curaçao, les Antilles Hollandaises. Le Vénézuela de nouveau les acclame. Dominica VERGES chante pour le groupe et Alicia y tient aussi une place de vocaliste. Plusieurs autres musiciennes entrent dans la formation, Anita PERMUÍ-VALDÉS, Xiomara JUNCO... Cette même année Celia CRUZ chante avec l'orchestre et participe à une autre tournée au Vénézuela.

On entend la formation notamment à Maracaïbo mais aussi au Club Las Salinas de Cabimas sur l'autre rive du Lac Maracaïbo.


L'orchestre est en tournée en 1946 au Perou lorsque que Ernesto LECUONA le fait appeler pour devenir l'un des groupes vedettes du Casino Nacional qui est sur le point d'ouvrir. Le Jazz Band y reste deux années.
Sur une scène tournante, "ANACAONA" doit alterner avec "Los Hermanos CASTRO". C'est un véritable show qu'offrent les jeunes femmes.

Casino Nacional. 1946-47 *.


Elles sont capables de se présenter dans diverses formations, permutent leurs instruments et sont accompagnées par des couples de danseurs et danseuses. Les deux sœurs PORTUONDO font partie de ceux-ci et font connaissance avec "ANACAONA".


"Millo" est devenue avec ses bongos, ses congas, son set de batterie et son talent la coqueluche du public. Armando ROMEU l'appelle fréquemment pour des remplacements dans son grand orchestre du Tropicana. Elle reçoit des invitations pour jouer aux Etats Unis notamment de Gillespie -1952- avec qui elle fait un boeuf au Birdland, mais préfère poursuivre avec "ANACAONA"


Millo *


Les tournées internationales continuent avec en 1951 un nouveau séjour au Mexique où la formation participe au tournage de trois films avec Ninon SEVILLA, No niego mi pasado, Mujeres de Teatro et La Noche es Nuestra. Nena NEYRA est devant les congas quand "Millo" est devant sa batterie.
En 1953 "ANACAONA" retournent au Vénézuela. Elles y enregistrent pour la première fois depuis 1937 "Espiritu Burlón" avec la voix de Berta RODRÍGUEZ, leur nouvelle chanteuse et des thèmes instrumentaux "Mambo Mambí", "Mambo Habanero" "Cicuta Tibia". Elles rejoignent ensuite la Colombie où le conjunto se produit sur la scène de la Media Torta à Bogota, aux théâtres Colón, América, au club Campestre à Medellín.

Alicia, voix et "Millo" conga. 1947 *.


L'orchestre enregistre plusieurs thèmes dont leur indicatif, composé quelques années auparavant par Armando OREFICHE. Ces thèmes sont enregistrés en live lors d'un passage à Medellin sur une station de radio. "Youl'll never be free", "My foolish heart" avec la voix de Yolanda qui chante en anglais "Yo no sé porque te quiero" avec celle de Alicia, "Baile del Tirabuzón" chanté par Nery LANDA. D'autres thèmes instrumentaux sont interprétés "Mamey Colorado", "Mambo en España", "Güempa", "Cumpla Guajira".. Le thème "Quiéreme y veras" est chanté par le choeurs formé de Yolanda, Ziomara, Olga et Alicia, une idée nouvelle que "Cuchito", Alicia et "Millo" ont ramenées du voyage à New York.

La tournée se poursuit à Maracaïbo où le groupe chante sur la station de radio Ondas del Lago ainsi qu'au Club Mara.

Depuis plusieurs années l'orchestre, malgré les efforts de "Cuchito", est fréquemment perturbé par les amours, les mariages de plusieurs des soeurs qui quittent provisoirement ou définitivement l'orchestre. "Millo" abandonne ses soeurs pour s'installer au Vénézuela. Sofía GARCÍA CATURLA est engagée comme drummer.


Le Cuarteto *.


Haydée PORTUONDO est une des voix de l'orchestre, notamment pour chanter les rythmes rapides mais "ANACAONA", sur les conseils de PORTILLO de la LUZ, engage aussi Moraima SECADA pour interpréter les boleros et les thèmes du feeling. Cristina REYES est la seconde conguera durant la tournée.



Moraima Secada avec l'orchestre Anacaona en 1953*.

La même année la formation occupe les ondes de CMQ et des prestations du groupe y sont enregistrées avec des parties vocales confiées à Berta, "Hoy", " Qué mentiroso" ou instrumental "Trompeteando". Dans les studios de Sonovox "ANACAONA " entregistre aussi avec les quatre voix de Yolanda, Berta, Omara PORTUONDO, Anita ISAAC "Noche Cubana"; "Diferencia" avec la voix de Berta.

L'année suivante, 1954, "ANACAONA", cette fois sur les conseils du guitariste Ñico ROJAS, engage Omara PORTUONDO pour se rendre à Haïti au Voodou Club. Alicia est la seule trompette du voyage. Ondina restant à La Havane.
A Cuba le groupe enregistre dans les mêmes studios que l'année précédente et offre alors "Mamey Colorado", instrumental; "Cielo y Sol", chanté para Anita; "Tumba y Quinto" avec la voix de Omara. Mais celle-ci, désireuse de former un cuarteto vocal avec sa soeur et Elena BURKE débauche Moraima au retour pour constituer "Las d'AIDA".
La formation effectue encore un voyage au Venezuela où on peut l' écouter au Pasapoga, au Club Coney Island avec Lily CONDE comme chanteuse et Panchita "Puyo" POUJAUD au piano, encensée par la presse du pays. Au passage en Republique Dominicaine, la pianiste Panchita décide de s'installer dans le pays...

Omara Portuondo pendant la tournée à Haïti *.


En 1955 on entend "ANACAONA" à La Campana et la formation trouve un contrat pour le Perou où le groupe emmène aussi le boyfriend de Yolanda, le pianiste René URBINO et "Millo" qui quitte ses soeurs au milieu du séjour pour aller s'installer à Los Angeles. On entend "ANACAONA" en concerts, dans les night clubs, à la radio...

Durant cette décennie l'orchestre incorpore pour les percussions et la voix Anneris CANOVAS, Luisa COTILLA, Hilda CASTILLO à la trompette, Lourdes SOCARRAS, Nena NEYRA aux percussions et d'autres musiciennes selon les nécessités comme les vocalistes Africa DOMECH, Anita ISAAC, Nery LANDA, Evelia PERMUY, Carmita CAMPOS ... pour les back-up vocaux.
"Cuchito", ses soeurs et leurs musiciennes font l'inauguration d'un nouveau cabaret de la capitale cubaine, le Centerway en 1956. Le groupe chante à Aruba, en Equateur...

En 1957 "ANACAONA" est aux Carnavals de Caracas, récidivant l'année suivante avant de se rendre de nouveau en Colombie.

"ANACAONA", avec Berta de nouveau chanteuse du groupe, est engagé eu milieu de 1958 pour une autre tournée sud-américaine qui commence à Salvador de Bahía puis Río de Janeiro avec un passage au cabaret Fred's puis en studio pour un enregistrement d'où émerge le thème de Julio GUTIÉRREZ "Los salvajes bailan mambo"... L'heure est au Mambo et à leur répertoire figurent aussi "Mambo Habanero", "Mambo en España", "Mambo Mambí", "Güempa"... Les filles continuent vers São Paolo, Santos, Curitiba, Porto Alegre. Lors de leur périple elles apprennent le triomphe de la Révolution Cubaine mais poursuivent la tournée vers l'Uruguay où elle coïncident et sont invitées par une délégation des Barbudos en visite à Montevideo. On les écoute ensuite au Teatro Colón à Buenos Aires, à la Confitera Cabildo, sur les ondes de Radio Belgrano.... Au Chili, après le Goyescas Café et le Casino de Viña de Mar "ANACAONA" mécontent du contrat embarque pour Cuba après une tournée de presqu'une année.

 

Berta Rodríguez la voix de Anacaona à la télévision en Uruguay *.


Une période difficile pour la musique commence lorsque les cabarets, casinos, ferment leurs portes. Les possibilités de jouer sont limitées. Toutefois la fomation se déplace au début de 1960 en Colombie et notamment à Bogota pour le Festival Turístico et pour les Carnavals de Barranquilla.

 

Colombie 1960 * et Fêtes de Carnavvals à Barranquilla 1960 .

La fermeture des cabarets ne permet plus une si grande activité et la musique commence à subir les influences étrangères et s'électrifie. Devant les difficultés les soeurs qui sont encore à Cuba -"Millo" est elle toujours aux Etats Unis- doivent s'organiser et trouvent des emplois divers. Certaines vont enseigner la musique. Alicia entre comme contrebassiste dans l'orchestre de l'Opera et en outre avec Ada elles organisent un duo vocal avec un répertoire de vieilles chansons de la Trova. Elles peuvent chanter à la Casa de la Trova et dans les années suivantes se déplacent régulièrement à la Casa de la Trova de Santiago de Cuba et sont présentes dans les grands évemement nationaux de la Trova.

 

Le duo vocal Hermanas Castro. Ada et Alicia* .


"ANACAONA" fait figure de groupe historique. Les autorités l'utilisent pour animer les fêtes des Maisons de la Culture, des Foyers d'Anciens, pour diverses inaugurations… mais rarement comme orchestre de danse. Quand il est sur scène il est fréquent de voir Enemelio JIMÉNEZ à la place de Alicia lorsque celle-ci est prise par son travail avec l'Orchestre de l'Opéra.


Toutefois en 1966 "ANACAONA" joue dans le cadre d'un Festival de Jazz donné à la Maison de Tchécoslovaquie. Alicia aura également l'opportunité d'accompagner à la contrebasse Frank EMILIO au cours de la même manifestation. Deux des soeurs accompagnent aussi Frank EMILIO pour un cycle de jazz au Liceo de Guanabacoa l'année suivante.


"Descarga casera" en 2000 avec Frank Emilio*.

En 1979 "Millo" peut effectuer, sans sa famille, un séjour à La Havane. Elle en profite pour jouer au Teatro América pour le 47° anniversaire de "ANACAONA". Installée en Allemagne , malade elle décède lors d'un séjour à Cuba en 1981. "Cuchito" disparait l'année suivante et Alicia prend la direction de "ANACAONA" qui ne peut plus compter que sur six soeurs et engage de nouvelles jeunes musiciennes. Dalia RODRÍGUEZ et Dora AGUIRRE, dans le cadre du Service Social, entrent respectivement comme conguera et comme saxophoniste dans le Jazz Band. L'orchestre a beoin d'une pianiste et Dora suggère sa soeur Georgia AGUIRRE. Bien qu'elle soit contrebassiste elle satisfait les exigences de Alicia et est engagée et assure son Service Social elle aussi dans la formation. Alicia engage aussi Margot SUÁREZ, timbales (†2015 ), Iliana REYMAT, saxophone; Mayling SELIS, guitare. Avec ces jeunes " ANACAONA" célèbre son 50 ° anniversaire.
Le "rôle social" de "ANACAONA" est toujours le même, animer les cérémonies officielles, jouer la musique du passé…


Georgia au piano et Ada Castro à la contrebasse au Museo de la Musica et Dora entre Alicia et Yolanda. Collection Jorge Aguirre.

En 1989 incitées à prendre leur retraite par des mesures gouvernementales cherchant à donner des espaces musicaux aux très nombreux jeunes qui sortent des écoles et conservatoires, les dernières sœurs CASTRO en activité décident de quitter la scène.

 


Une des dernières répétitions du groupe comportant les deux générations de musiciennes.

Dora, Georgia et Margot choisissent de continuer et en quelques semaines recrutent de nouvelles musiciennes. Elles répètent et remontent sur scène avec une musique rénovée. C'est Georgia, redevenue bassiste, qui est désormais la directrice de "ANACAONA" qui reste à ce moment le seul orchestre féminin en activité dans l'île.
Progressivement la formation perd son étiquette de "groupe de Musée". De grands noms dont Juan FORMELL, Richard EGÜES, Rafael LAY, les fils de Jorge VARONA… apportent leur soutien ou assurent les arrangements.
"ANACAONA" s'installe alors au cabaret Papa's à la Marina Hemingway.



Georgia et Dora peu avant de prendre la direction de Anacaona. Margot Suárez, première timbalera de la formation rénovée.

Une fois rénové et stabilisé l'orchestre se compose de gauche à droite de María del Jesús SEIGHIR, Magaly RODRÍGUEZ, Evita CASTILLO, Cecilia IBAR, Margot SUÁREZ et Leysi FERRER
Au premier rang: Ursula Madelaine GÓMEZ, Ilianita RAYMAT, Dora et Georgia.



La période spéciale et la formidable expansion de la musique cubaine permettent à "ANACAONA" de se présenter en concert puis d'entreprendre les premières tournées internationales de cette seconde vie de l'orchestre : L'Angola d'abord puis le Mexique en 1989. En 1990 en Espagne, les jeunes femmes partagent les scènes avec les plus grands salseros portoricains ou new yorkais. Le groupe se produit en Belgique, en France où l'orchestre enflamme le Festival Bleu Caraïbes en 1996.


"Anacaona,¡ Ay !", leur premier C.D., sort en 1991 suivi en 1995 de "Como un milagro".

Royan. Bleu Caraïbes 1996.

La tournée en Chine de 1998, minutieusement préparée, est un grand succès. Elle est encadrée en décembre 1997 et mars 1998 par l'interprétation de la version de Jérôme Savary du Bourgeois Gentilhomme présentée à La Havane, Mexico et en France. "ANACAONA" chante de nouveau en France lors d'une tournée estivale ainsi qu'en Hollande, Allemagne et en Espagne notamment au Club Luz de Gas de Barcelona. L'année suivante les jeunes femmes sont invitées à Los Angeles, New York, se produisent dans divers clubs ou pour divers événements: Club S.O.B., Club Copacabana, Festival Battery Park City, Festival South Street, Club La Maganette ... Elles rencontrent dans la Big Apple Graciela PÉREZ.

A Cuba "ANACAONA" réalise plusieurs tournées et se présente régulièrement à la télévision où tous les programmes musicaux ont reçu la visite du groupe et un troisième disque voit le jour "Lo que tu no esperabas".
A la fin de l'année 2000, le Casino de Monte Carlo invite "ANACAONA" durant plus de sept mois pour son spectacle Saveur de La Havane. Les jeunes femmes participent à un grand show et assurent la partie dansante du spectacle.


De retour dans l'île, "ANACAONA" est à l'affiche du Café Cantante, du Turquino de la capitale.



En 2001 l'orchestre se présente à Campeche au Mexique.
Le groupe célèbre ses 70 ans avec un documentaire en 2002 . Les jeunes femmes se produisent cette même année à Vera Cruz pour le Festival International Afrocaribeño puis entament une tournée au Cap Vert, participant au Festival Bahía das Gatas à Cabo Verde. Deux modifications interviennent dans la composition de l'orchestre: l'entrée d'une guitare et le retour aux origines avec l'arrivée d'une trompette confiée à Lennys RAFOLS.

L'activité 2004 commence par des prestations dans la capitale, à la Casa de la Música de Miramar et dans un tout nouveau club le Irakere. Le groupe est pour cette année composé de Beatriz LABRADA et Janette -trompettes; de Dayami ACOSTA -trombone-; Yanet SALINAS au piano. Regla Milagros ABREU est à la batterie, Vivian JIMÉNEZ à la flûte, Saily MOREDO à la guitarre et au tres. Avec Georgia et Dora, "ANACAONA" est complété par trois chanteuses: Veronica VELÁZQUEZ, Barbara de los Ángeles ZAMORA et Yanet RODRÍGUEZ. Toutes trois sont également responsables des percussions mineures tandis que le bongó est confié à Isabel SUÁREZ et les tumbadoras à Yudianis QUINTANA.

"ANACAONA" se présente en 2005 et 2006 dans de nombreux lieux, Casas de la Música, Macumba Habana, Habana Café, Café Cantante Mi Habana, El Delirio Habanero..... La formation participe au Festival de la Cultura Iberoamericana, célébré à Holguín.
Trois musiciennes entrent dans la formation: Olga VARONA, trompette, à la place de Janette; Yarima BLANCO, guitare et tres et Yissy GARCÍA, batterie..



Olga , petite fille de Jorge Varona

L'année de son soixante quinzième anniversaire "ANACAONA" retrouve le chemin des studios pour enregistrer "No lo puedo evitar". Le groupe est également invité à participer avec le thème Esos locos bajitos au second volume du disque Cuba le canta a Serrat. La version exécutée est originale et dans le style traditionnel du groupe, destinée à danser. Il entregistre également deux thèmes pour "Ritmos del Mundo", des versions cubanisées de "California Dreams" et de "Yesterday".
Les prestations dans les clubs se poursuivent. On retrouve aussi l'orchestre pour les bailables dans les endroits spécifiques comme la Area abierta de la Avenida de los Pinos...Yoanna ÁLVAREZ est une nouvelle voix du groupe.

En 2008 le groupe de Georgia AGUIRRE donne plusieurs concerts dans diverses provinces à l´occasion du VIIIème Congrès de la Fédération des Femmes Cubaines, assurant par là la promotion de "No lo puedo evitar" enregistré pour commémorer leur 75° anniversaire. Pour cette occasion Omara PORTUONDO est invitée à retrouver le groupe plus de soixante ans après qu'elle y ait chanté pour la première fois et à chanter sur le thème "Entre el amor y el odio" ... Massiel MILÁN PEREZ, saxophone; Martha Isabel TORRES, trompette; entrent dans la formation. Ana María "Anika" VILA a pris la place de pianiste.

L'année suivante l'orchestre retrouve sa dimension internationale avec une tournée au Canada -marquée par l'arrivée de la tresera Yarima BLANCO- où il se présente au Festival de Jazz de Toronto, aux Nuits d'Afrique et au Festival de Jazz de Montréal, à Danzas y Ritmos del Mundo au Québec ainsi que dans de nombreuses discothèques du pays tels que le Lula Lounge, Mumba, Mambo, Kola Note ... A peine de retour sur ses terres le groupe repart pour le Festival de Jazz de Aruba où il termine par une grande descarga avec la formation du saxophoniste David Sanborn. La fin de l'été est marquée par le retour de Ursula Madeleine GÓMEZ MATOS -tumbadora- qui fût l'une des premières à suivre l'aventure de "ANACAONA" lorsque Georgia et Dora prirent la succession des soeurs CASTRO.

Dans l'île "ANACAONA" continue de jouer tant à La Havane comme par exemple à la Peña Mujeres en su Salsa qui se tient au Salón Rosado de La Tropical, que dans diverses villes du pays, Alamar, Matanzas...

 

Continuant ses présentations à sa peña ainsi qu’à la Casa de la  Música de Miramar, « ANACAONA » participe en début d’année à la Casa de Cultura Plaza au Projet Esperanza destiné à recueillir des fonds pour lutter contre le cancer du sein. Les jeunes femmes sont  entourées par d’autres formations féminines comme « CARIBE GIRLS », « RICACHÁ », « AZÚCAR NEGRA ». Elles chantent pendant quarante-cinq minutes échangeant en permanence avec le public. Les partenaires de Georgia font ensuite danser le public du Piano Bar Delirio Habanero avant de participer à la Casa de la Música de Galiano à la grande soirée dédiée à la Journée de la Femme. L’entreprise citrique de Sierra de Cubitas dans la province de Camagüey invite la formation salsera à animer leur fête. Les jeunes femmes répondent à la demande puis se rendent pour une grande tournée à Curaçao et à Aruba où elles jouent en clubs et dans les festivals.


Curaçao 2010.


L’été leur offre la possibilité de jouer à Cienfuegos puis à Santiago de Cuba. L’automne leur permet de retrouver le Salón Rosado de la Tropical où débute la nouvelle chanteuse Eilen REMON. En novembre les jeunes femmes sont appelées à s'exprimer à Kourou en Guyane pour le Festival Tiempo Cubano où elles retrouvent "YORUBA ANDABO". Pour les écouter un important public s'est déplacé depuis les pays voisins, Suriname et Brésil. Et c’est à Nuevitas pour les fêtes de Carnaval que « ANACAONA » conclue l’année. La formation "ANACAONA" est constituée en cette fin d'année 2010 de Georgia, Yanet, Ursula, Barbara, Anika, Martha, Yarima, Massiel, Yoanna, Yissy, Vivian, Dayami et Eilen.

En février 2011 le Salón Rosado de La Tropical les reçoit de nouveau pour le 79° anniversaire de la formation qui participe au Festival de Santa Lucía à l’issue duquel Yissy abandonne la batterie -dont s’empare Juanita qui exerçait au sein de « CARIBE GIRLS »- et quitte le groupe. « ANACAONA » offre un bailable au Salón Rosado  avant de débuter une tournée dans l’Oriente du pays qui s’achève sur la Plaza Cultural de las Tunas. Les jeunes femmes  animent ensuite le cabaret Costa Sur puis participent aux Carnavals de Manzanillo à la fin de l’été. Au retour Georgia et ses partenaires jouent à l’Hôtel Neptuno pour fêter l'anniversaire de l'établissement.
Anacaona. Los Metales. Carnavals de Manzanillo 2011


Juanita
Manzanillo 2011

Et l’année du quatre-vingtième anniversaire commence avec une grande série d’hommages à travers toute l’île avec notamment une tournée dans la province de Holguín en février puis « ANACAONA » offre ses prestations sur la scène du Teatro Mella pour la Fiesta del Tambor en mars, participe au Festival Piña Colada à Ciego de Ávila. Le mois suivant la formation  effectue un voyage en Corée du Nord pour le 28° Festival de Printemps de Pyong Yang.
Après s’être montrée avec succès au Festival du Tourisme au Cayo Santa María, les jeunes femmes s’envolent au mois d’août pour le Venezuela où elles participent au IV° Festival de Salsa  à Caracas et se produisent à Maracaibo.


Caracas 2012

Le mois suivant elles reçoivent l’hommage de tous les musiciens lors du Festival Matamoroson à Santiago de Cuba. Georgia et ses partenaires sont la pièce maîtresse du 1° Encuentro de Voces Populares qui se déroule au Teatro Lázaro Peña de la Centrale des Travailleurs de Cuba. « ANACAONA » accompagne ses invités et notamment  Argelia FRAGOSO qui chante « Mi Ayer » ; Lourdes TORRES qui, en duo avec  Bárbara ZAMORA, interprète sa composition « Entre el amor y el Odio ; Laritza BACALLAO, Oswaldo MONTERODora AGUIRRE, absente durant une longue période, fait sa réapparition déclenchant une grande émotion avec sa version de « De Cuba Soy ».
Le groupe interprète également « Anacaona », « Free way of love » avec  un excellent solo de piano de Ana María VILA ; « Les feuilles mortes »…


1° Encuentro de Voces Populares

Outre Georgia, Bárbara, Ana María la formation comprend aussi en ce milieu d’année Yoanna María "La Chinita" ÁLVAREZ, Yanet RODRÍGUEZ et Eilen REMÓN pour les parties vocales et percussions mineures ; les deux trompettes Martha TORRES et Mirielys RODRÍGUEZ; le saxophone alto de  Massiel MILÁN; le trombone de Daymí ACOSTA;Vivián JIMÉNEZ, flûtiste historique ; Daymí JAIME, congas ; Juana VELÍZ, drum et timbales.  Se détache également la jeune Yarima BLANCO,  reconnue comme une étoile du tres par ses pairs. Dans la vieille Havane le Festival Enrique Jorrín invite « ANACAONA » en octobre  puis l’orchestre prend place en novembre et décembre sur la scène de la Casa de la Música de Miramar.
Pour sa journée spéciale réservée aux femmes le Festival Jazz Plaza convie « ANACAONA » pour la clôture de la journée Mujeres cubanas en el jazz. Les partenaires de
Georgia déclenchent l’enthousiasme avec  « Kimbara ».

Au début de 2013 le Café Cantante en mars; la Casa de la Música de Miramar en avril puis en mai reçoivent « ANACAONA ». Yoanna quitte ses collègues. Lors du gala de Cubadisco le groupe féminin se produit au Salón Rosado de la Tropical avec Tania PANTOJA et le groupe « OBINÍ BATÁ». En mai le groupe participe aux XX° Romerías de Holguín.

Un nouveau disque "Llora si te duele " est mis en chantier dédié aux 80 ans du groupe avec divers invités. Parmi eux "Chicoy" avec sa guitare électrique sur “ Las Hojas Muertas”, Yissy GARCÍA sur le même thème; les chanteurs Mayko de ALMA, Laritza BACALLAO, Dora, Argelia FRAGOSO, Lourdes  TORRES et Xiomara LAUGART.

Orquesta Anacaona, "Llora si te duele". ..>>> ...

Dans la seconde moitié de l'année la formation effectue une grande tournée nationale. Les publics de Camagüey, Santiago de Cuba, Guantánamo... répondent en masse aux rythmes de l'orchestre qui incorpore une nouvelle voix, celle de Jeidis CABRERA, tresera de formation, provenant des orchestres de Holguin « TIRAMISÚ », « AGUAS del CARIBE » tandis que Yanet à son tour abandonne la front line vocale, laissant celle-ci avec seulement trois vocalistes. Eilen REMÓN ORDAZ sans quitter « ANACAONA » commence à travailler pour son propre compte. Absente depuis dix mois Dora revient sur scène préparant sa propre carrière soliste vocale. A La Havane Georgia conduit ses partenaires sur scène lors des fêtes de Carnaval en août, lors du Congrès d'Orthopédie, du Gala offert lors de Expo Cuba par LabioFam, au Teatro Karl Marx pour le Gala de soutien aux prisonniers politiques, puis à Alamar pour le Día de la Cultura Cubana.



Les cuivres à Alamar, la nouvelle voix, Jeidis et la ligne vocale à Guantánamo.

L'année suivante Georgia et ses partenaires restent face à une intense activité. Les vocalistes participent à la présentation d'un livre-audio Una historia sín fín, dont le thème est écrit par Georgia. « ANACAONA » donne un concert pour célébrer les vingt ans de la chaîne de magasins TRD, anime les Fêtes de Mariel en février. Le groupe est également à l'affiche de l'hôtel Palma Real de Varadero, rencontrant dans la cité balnéaire un ample succès. La formation se présente en mars à la Casa de la Música de Miramar, en juin elle offre des concerts au Venezuela au Poliedro de Caracas dans le cadre du Festival Cuba le canta a Venezuela et en juillet au Salon Rojo du Capri. En octobre la formation de Georgia doit faire face au départ de trois de ses membres dont Martha et Massiel


Concert de Anacaona au Salon Rojó du Capri. Juillet 2014.

En mars 2015 « ANACAONA » se produit à Mayari dans l'Oriente cubain; en juin dans la communauté de Las Terrazas de Candelaria pour un hommage au chanteur disparu Polo MONTAÑEZ et en juillet donne un concert sur la grande place de San José de las Lajas. Au début de 2015 le Venezuela est de nouveau à l'affiche pour le groupe avec un séjour d'un mois à Maracay au Las Noches de Nueva York où il partage l'affiche avec Adalberto ÁLVAREZ. Le public venezuelien les écoute également à l'hôtel Alba de Caracas, à la Feria de San José... . On retrouve avec Georgia dans un groupe fort renouvelé, Bárbara ZAMORA, Verónica VELÁZQUEZ, Jeidys CABRERA pour les voix. Vivián JIMÉNEZ, flûte et bongó; Yarima BLANCO, guitare et tres; Ingrid ZAMORA remplace Ana María VILA au piano et clavier; Juana VELÍZ, drum et timbales; Daymi JAIME, congas; Daymi ACOSTA trombone, Deborah GONZÁLEZ et Mirelys GARCÍA, trompettes. Un second trombone confié à Yoandra ROJAS complète la formation. De nouveau Dora se réincorpore à la formation -comme chanteuse invitée- aux côtés de sa soeur lors de cette tournée.

Georgia et Anacaona en 2015.

Lors de leur présence à Cuba « ANACAONA » participe aux Carnavals de La Havane et à ceux de Holguín et au mois de mars à Caracas à l'hôtel Alba pour La Rumba de los Grandes avec de prestigieuses formations latines. La Casa de la Música de Miramar accueille également les jeunes femmes en août... En octobre Georgia et ses partenaires sont à Puerto Rico pour un concert à l'Université et de nouveau au Venezuela à Aragua. Le mois suivant « ANACAONA » est invité au Teatro Mella par Bobby CARCASSÉS qui fête ses 60 ans de carrière artistique. La formation est présente sur scène pour l'incontournable Festival Jazz Plaza et au cours de l'année le groupe se présente aussi à Varadero où il fête la fin d'année et le nouvel an.



Le succès que l'orchestre rencontre constamment au Vénézuela débouche dès février 2016 sur un nouveau séjour dans le pays où il donne plusieurs concerts pour Las Noches de Nueva York,- "ANACAONA" y récidive en mai- Barquisimeto, à Maracay, Valencia... Le groupe reste plus de quatre mois dans le pays et nombreuses prestations ont lieu à la radio et à la télévision venezuéliennes.

Tout comme l'ont fait les soeurs CASTRO, l'orchestre se présente dans les îles de la Caraïbe cette année-là, Curaçao en juin pour le Festival Viva la Musica Latina et en octobre à San Kits & Nevis pour le Latin Festival.

A Cuba "ANACAONA" enregistre un video clip du thème de Dora " De Cara al Sol" puis participe aussi en août à la Convention du Tourisme à Cayo Coco, aux Carnavals de la capitale avant une étape de leur Tournée Nationale à San Luis. De nouveau les Carnavals de Banes les accueillent. La tournée passe ensuite à Manzanillo, Camagüey.
A La Havane le public les entends à la Casa de la Musica de Miramar ainsi au Club La Guayabera.

Et, comme l'année précédente, 2016 se termine à Varadero et 2017 débute à Cayo Coco.


Cayo Coco. 2016.

Dans le cadre du programme télévisé 23 y M "ANACAONA" présente le programme de son 85° anniversaire avec la participation de chanteuses qui sont passées dans le groupe, Yanet, Verónica... Puis les jeunes femmes participent au Festival Internacional de la Salsa au Parque Metropolitano de la capitale cubaine,
En mars sort le disque " 85 años " et le groupe célèbrent le Día de la Mujer au Teatro Cardenas de Matanzas lançant par un grand spectacle avec comme invitée Yulaisi MIRANDA, leur tournée du 85° anniversaire. La tournée se poursuit à Artemisa.

Les jeunes femmes sont aussi présentes à la Casa de la Música de Miramar et à la Casa de Cultura Plaza..


De nouveau le groupe se rend au Mexique à Cozumel pour le Festival de Cultura del Caribe puis à Chetumal et à Mexico au Club Mama Rumba en mai où "ANACAONA" de nouveau fête ses 85 ans.


Jeidi et la Front line à Mexico.

A Cuba outre de nombreuses fêtes populaires et les Carnavals "ANACAONA" est à la Feria de Verano à La Havane et reprend sa tournée nationale, Holguín, Camagüey et la Gira por los Barrios dans les quartiers de la capitale avec une prestation remarquée à Alamar où les thèmes "Ingrato", "Por hablar mucho", "Que salga el Sol", "Con tremendo sabor" enthousiasment le public. D'autres quartiers sont visités, Cerro, 10 de Octubre, Centro Habana, Guanabo .
Au milieu de la tournée "ANACAONA" offre également un concert à l'hôtel Melia Cohiba. Vient août et le moment des Carnavals de la capitale auxquels la formation prend une part active avec un défilé en carrosse.

Anacaona. Alamar 2017.


Vidéo. Que salga el Sol. Festival Baila Cuba 2017.

On les entend de nouveau dans le programme télévisé 23 y M ; au Festival Baila Cuba... et pour les derniers mois de l'année, après le lancement officiel du disque, les salseras reprennent le chemin des Casas de la Música, de La Guayabera...

Le 31 décembre, sur la Plaza de la Catedral "ANACAONA" participe à la Gran Cena de fin de año dans le cadre du show Soy Cuba.


Georgia et Anacaona lors de Soy Cuba sur la Place de la Cathédrale.

Début 2018 " ANACAONA" est composée de Georgia, la directrice et la bassiste, Vivián JIMÉNEZ, flûte et bongó; Bárbara de los Ángeles ZAMORA, voix; Juana VELÍZ, drum et tumbadoras; Ingrid ZAMORA, piano; Danays GONZÁLEZ et Jeidi CABRERA, voix; Daymi JAIME, congas; Mirell GARCÍA et Deborah GONZÁLEZ, trompettes, Daymi ACOSTA et Anni Lianet GONZÁLEZ, trombones.
Dora s'incorpore comme chanteuse lors de prestations à La Havane.

Les photos suivies d'un * sont extraites du livre de Alicia Castro/ Ingrid Kummels.

© Patrick Dalmace
Remerciements à Jorge & Dora Aguirre pour les renseignements offerts sur les années 2015-2018.


Discographie sélectionnée:
* "Septeto Anacaona", L.H. 1937, Harlequin, HQCD 27.
* "Anacaona. The Buena Vista Sister's Club",
L.H.1937, 1953,1954, Colombie, Venezuela, 1953, Brésil 1958,Termidor Musiverlag 217205.
* "Anacaona ¡Ay!", L.H. 1991, P.M. Record
* "Lo que tu no esperabas", L.H. 2000, Lusafrica 362292.
* "No lo puedo evitar", L.H. 2007, Bis Music 660.
* "85 Años", L.H. 2017, Bis Music.
* "Anacaona. Ten Sisters of Rythm", Allemagne 2003. Timba Records.

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