Septeto NACIONAL

Ignacio PIÑEIRO, au retour d'une tournée à New York avec María Teresa VERA quitte le groupe de celle-ci et entre dans le "SEXTETO NACIONAL" en 1927.

Le groupe avait été créé l'année précédente dans le cadre d'une guerre des labels. Les premiers chanteurs du Sexteto sont : Juan de la CRUZ, première voix et claves et Bienvenido LEÓN, seconde voix et maracas. Leur duo vocal -tenor/baryton- fait une exceptionnelle impression à La Havane. La formation est complétée par Alberto VILLALÓN, guitare; Francisco SOLARES GONZÁLEZ, tres, José "El Chino" INCHARTE, bongó et Ignacio PIÑEIRO, contrebasse.

L'Académie Habana Sport est l'un des premiers lieux où se produit le groupe en 1927.
Les premiers enregistrements ont lieu à New York entre 1927 et 1928. Abelardo BARROSO prête son concours pour ces enregistrements.

Les premiers membres du Sexteto Nacional
Piñeiro, de la Cruz, Incharte, Solares, León et Villalón.
Photographies Archives Tumbao, Barcelona.

Dès le retour des Etats Unis le sexteto fait une tournée dans toute l'île, patronnée par la compagnie discographique Victor. Il s'agit déjà de promouvoir des disques dès leur enregistrement. Le "SEXTETO NACIONAL" est immédiatement apprécié par le public et entre en concurrence directe avec le "SEXTETO HABANERO" dont il se démarque toutefois par un style personnel que lui imprime PIÑEIRO qui est pratiquement le compositeur exclusif du groupe. Le jeu de PIÑEIRO à la contrebasse diffère du jeu traditionnel et le "SEXTETO NACIONAL" va être à l'origine d'une différenciation perceptible encore de nos jours entre le Son habanero et le Son oriental.

Eutimio CONSTANTÍN, guitare; Enrique ENRIZO, voix; suppléent parfois aux indisponibilités de VILLALÓN ou de de la CRUZ.

A La Havane, toujours en 1928, le sexteto enregistre trois compositions qui montrent que certains Sones, comme dans ceux de gravés à New York - "Yo quiero morir en Cuba", "Miñaroco"-, sont encore rythmiquement sous l'emprise du rythme de la habanera, "Viva el bongó", "Marisa o rascame aquí ", "Ay mama Iñez".

Sexteto Nacional, "Ay! Mama Iñez". Voix: de la Cruz, León. >>>>

Mais rapidement l'arrivée de Lázaro HERRERA, trompette; transforme le groupe en Septeto. Le Son s'affermit. Pour les enregistrements, Abelardo BARROSO, première voix et claves s'incorpore de nouveau à l'orchestre qui utilise donc deux premières voix.

Une des toutes premières photographies du Septeto Nacional .



Collection Cristobal Díaz Ayala.

Le "SEPTETO NACIONAL" est invité en 1929 à l' Exposition Iberoaméricaine de Seville. Eutimio CONSTANTÍN, Agustín GUTIÉRREZ, bongó et une danseuse entrent dans la formation pour l'occasion. Lors du voyage, le groupe enregistre à l'escale de New York sans que jamais les titres ne voient le jour. José JIMÉNEZ, voix et claves, qui remplace BARROSO, décède à bord du Cristobal Colón.
Le succès obtenu à Seville fait de cette présentation du "SEPTETO NACIONAL" une consécration mais c'est aussi une révélation pour le public espagnol. Le thème de Rosendo RUÍZ "De mi Cubita es el mango" remporte un grand succès.
A Madrid, au Théâtre Avenida, PIÑEIRO étrenne son "Suavecito" et l'enregistre avec notamment "Asturias", "Patio querido"...
Le Septeto se produit aussi à Vigo, La Corogne, Santander, Valladolid.

Juan de la CRUZ quitte le groupe au retour d'Espagne et une nouvelle voix Alfredito VALDÉS, remplace le malheureux José JIMÉNEZ. Miguel Ángel PORTILLO, bongó se substitue à Agustín GUTIÉRREZ.
Le "SEPTETO NACIONAL" est engagé au célèbre Cabaret Sans Souci de La Havane et enregistre de nouveau en 1930 à Cuba, "Suavecito", "Incitadora región"... mais aussi à New York: "Entre preciosas palmeras", "Lindo Yambú", "Son que quitas las penas", "De pelota no" ... La formation est sur les ondes de la CMCQ puis sur celles de Radio Lavín, CMCG... et est accueillie en 1932 par l'hôtel Dos hHrmanos de la capitle.
En 1933 le "SEPTETO NACIONAL" est engagé pour jouer lors la Foire Exposition de Chicago. Comme à Seville le groupe, avec un nouveau chanteur, Marcelino"Rapindey" GUERRA, se fait remarquer et obtient une récompense pour sa prestation. C'est à ce moment qu'il présente la fameuse composition de PIÑEIRO, "Echale salsita".
De retour dans la capitale cubaine le "SEPTETO NACIONAL" obtient de nouveaux succès au Yacht Club dans le quartier de Miramar et participe à plusieurs films.

"Echale salsita". >>>>

Ignacio PIÑEIRO quitte l'ensemble en 1934. Lázaro HERRERA en assure alors la direction jusqu'en 1937, date de sa dissolution. Dans cette période terminale le groupe compte sur d'excellents instrumentistes et chanteurs qui ont déjà une belle histoire personnelle ou qui ouvrent de nouvelles portes à la musique cubaine : Marcelino GUERRA, Francisco SOLARES, Eutimio CONSTANTÍN, Oscar VILLARTA, Ramón CASTRO, Bienvenido GRANDA.

En 1954 pour le programme radiophonique Música de Ayer y de Hoy du musicologue Odilio URFÉ, le "SEPTETO NACIONAL" réapparaît sous la direction de PIÑEIRO. "Mañungo" ORTIZ et Carlos EMBALE entrent aussi dans le septeto qui réalise plusieurs enregistrements notamment avec le trio vocal comprenant EMBALE, Bienvenido LEÓN et Joseíto NUÑEZ,. Au début des années soixante etoujours sous l'impulsion de URFÉ, le septeto renaît une nouvelle fois et rappelle plusieurs de ses premiers intervenants, Rafael "Mañungo" ORTÍZ, VILARTA, SOLARES, VALDÉS, LEÓN, GUTIÉRREZ, HERRERA, tandis que EMBALE le quitte en 1964.

............. .................... ...

........Solares et Piñeiro lors de la seconde étape du Nacional. ... Ignacio Piñeiro et le septeto au milieu des années cinquante.

La formation persévère et poursuit son activité. De nouveaux membres y entrent : Marino GONZÁLEZ, bongó , Oscar ESPINOSA puis Alejandro OVIEDO, contrebasse. En 1962, le "SEPTETO NACIONAL", sous l'appellation "SEPTETO NACIONAL de IGNACIO PIÑEIRO", participe au 1° Festival de Musique Populaire puis intervient dans les bases militaires lors de la crise entre Cuba et les Etats Unis.
L'année suivante c'est le bassiste Charles BURKE qui entre dans le groupe puis en 1966 le tresero Hilario ARIZA. PIÑEIRO disparaît en 1969 et le guitariste Rafael "Mañungo" ORTIZ prend la direction de la formation jusqu'a la fin des années quatre-vingt lorsque Carlos EMBALE revenu en 1975 assume la fonction.

 

La seconde moitié des années quatre-vingt dix voit le groupe revenir sur l'avant de la scène sous l'impulsion de Eugenio "Raspa" RODRÍGUEZ - voix et congas- qui entre dans le groupe en 1982. Ignacio AYMÉ assure la direction du groupe qui comprend égalment à la fin des années quatre-vingt-dix Bárbaro SÁNCHEZ -contrebasse-, Apolinar AGUIAR - maracas et choeurs-, Francisco OROPESA -bongó et campana-, Enrique COLLAZO -tres-, et Fernando SÁNCHEZ à la trompette.
Le "SEPTETO NACIONAL" effectue de nombreuses tournées internationales et retourne de nouveau dans les studios d'enregistrement. En 2002 sort le cd célébrant le 75° anniversaire de la formation qui reste dans la même configuration.

 

Le "SEPTETO NACIONAL" enregistre en 2002 "Poetas del Son" et acquiert en Europe de l'Est une immense popularité et se présente en concert en Pologne, en République Tchèque... en 2003.
A Cuba, la formation est invitée au piano bar Diablo Tun Tun de La Havane. Fort de sa réputation historique le septeto parcourt la planète et on remarque sa présence en 2004 en Hollande, Autriche, Pologne, République Tchèque -où le chanteur Eugenio "Raspa" RODRÍGUEZ déclanche cris et acclamations parmi le public de Slovaquie, d'Allemagne.


"Raspa". Tournée 2004.
La tournée internationale de l'été 2005 conduit le "SEPTETO NACIONAL" dans toute l'Europe de la Belgique à la Lithuanie et la Lettonie en passant par le Festival Toros y Salsa en France. La formation cette année inclue: "Raspa" et Juan Antonio MARTÍNEZ pour le chant, Enrique COLLAZO, tres; Dagoberto SACERIO, guitare; Raúl ACEA, contrebasse; Francisco OROPESA, percussions et Agustín SOMEILLAN à la trompette.

En permanance en tournée le groupe parcourt l'Europe jusqu'aux Pays de l'Est en 2006. L'année suivante il récidive en France où le groupe présente son disque "Noche de Conga" au Festival Jazz à Vienne; en Italie, Angleterre, Allemagne, Norvège, Espagne, Portugal et Pologne. Pour ses quatre vingts ans le "SEPTETO NACIONAL" offre un grand concert au Gran Teatro de La Havane puis au Congo de Güines lieu où PIÑEIRO avait composé "Echale Salsita". Un nouvreau disque sort, "Noche de conga".
Cette même année le "SEPTETO NACIONAL" participe XII° Encuentro Nacional de Septetos puis au XIX° Encuentros de Agrupaciones Soneras de Mayari.. A la fin de 2009 le "SEPTETO NACIONAL" retrouve l'Amérique pour un concert au Centre Hostos for Arts & Culture de New York et donne également un concert à Puerto Rico. Le septeto enregistre cette année un nouvel album « Sin Rumba no hay Son ». Il compte pour cet enregistrement sur son chanteur et leader « Raspa », entouré de sa section rythmique,  Francisco "El Matador" OROPESA au  bongó ;  Dagoberto SACERIO, guitare et Raúl ACEA, basse. La formation est complétée par Enrique COLLAZO, tres et Agustín SOMEILLÁN, trompette et pour l’occasion est entourée d’invités.

Mais c'est le disque précédent, «Desafiando el destino », enregistré lui aussi en 2009, que le groupe présente en début d'année 2010 à La Havane au Palacio de la Rumba.  Le disque est déjà connu aux Etats Unis, présenté lors de la tournée américaine 2009.


Le septeto lors de la présentation de Desafiando al destino au Palacio de la Rumba.

Immédiatement le « SEPTETO NACIONAL » prépare une nouvelle tournée américaine pour promouvoir « Sin Rumba no hay Son ». A San Francisco, au Yoshi's ils entraînent comme invité "Chocolate" ARMENTEROS, puis, après s’être montrée dans l’île lors des Encuentros de Septetos, la formation repart pour une seconde  tournée qui parcourt Puerto Rico,  les Etats Unis et offre quelques concerts au Canada.
En 2012 Le septeto a sa peña au Mirador de l’Hôtel Lincoln de la capitale cubaine et débute son périple international à Panama pour un Homenaje al Son en compagnie du chanteur Andy Montanez. Le concert a lieu au Habana Panama de la vielle ville. D’un saut de puce le « SEPTETO NACIONAL » se rend en Colombie donnant un premier concert à Bogota puis à Cartagena de Indias au bar Café Habana.  Le personnel du groupe reste stable tout en incorporant Crispin DÍAZ, voix et maracas.

Septeto Nacional. 2011.

Au cours de l’été les prestations tournent autour de la peña et du piano-bar El Diablo Tun Tun.
Les Cubains s’envolent en septembre pour le Mexique et plusieurs concerts à Mexico, Ciudad Juárez, Parral… et dans le cadre du Festival International de Chihuahua. S’enchaîne à cette tournée une autre à travers les Etats Unis,  San Francisco, Chicago, Minneapolis, Phoenix, Richmond.
Le septeto occupe en décembre le Club Delirio Habanero et l’année se termine par les célébrations des 85 ans du « SEPTETO NACIONAL » avec un concert à la Basilique San Francisco de Asis de la capitale.

© Patrick Dalmace

Discographie sélectionnée:
* " Sexteto Nacional, Primeras Grabaciones ", N.Y. 1927-28 Tumbao TCD 097.
* " Ignacio Piñeiro and his Septeto Nacional ", La Havane 1928-30, Tumbao TCD 019.
* " Septeto Nacional de Ignacio Piñeiro", L.H. Egrem CD0071.

* " Septeto Nacional & Guests. Mas Cuba Libres", L.H. 1999 Network 33182.
* " Septeto Nacional Ignacio Piñeiro. Poetas del Son", 2002, Harmonia Mundi 274 1170.
* " Noche de conga", L.H. 2006, Egrem 779.
* " Desafiando al destino", L.H; 2009,
Bis Music.
* " Sin Rumba no hay Son", L.H. 2009, World Music.

 
Le Son. La Havane des années vingt.
>>>>

.... Tous les groupes ....

<<<<
Nabori, Septeto.
 
 
N.G. La Banda.
>>>>