CORONA, Manuel (Caibarién 1880-Marianao 1950)
![]() | Mulâtre
né dans un milieu des plus humbles, Manuel CORONA, sans formation
musicale, apprend la guitare dans la petite ville de Caibarién avant que
sa famille rejoigne la capitale en 1895. CORONA exerce le métier
de tabaquero mais opte pour la vie de bohème des cantantes.
Au cours d'un séjour à Santiago au tout début du siècle, Manuel rencontre Pepe SÁNCHEZ.
Manuel Corona en 1915.
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| Comme Patricio BALLAGAS, ou influencé par lui, Manuel CORONA compose selon le style du "compasillo" c'est à dire en 4/4, contrairement à la tradition, et est l'un des premiers à utiliser de manière dissociée les deux voix en écrivant deux textes et deux mélodies distinctes. "La Alfonsa" est une des premières canciones de CORONA à prendre cette forme. Manuel s'amuse même d'un jour à l'autre à changer le texte du "segundo". Son répertoire comporte également de nombreuses guarachas -"Acelera Ñico acelera", "El servicio obligatorio" genre qu'il sera le premier à enregistrer en 1917. CORONA est aussi l'un des premiers à se lancer dans la controverse. Il compose "Animada" pour répondre à "Tímidéz" de Patricio BALLAGAS. "Gela Amada" est une réponse à "Gela Hermosa" de Rosendo RUÍZ et "La Habanera" à "La Bayamesa" de Sindo GARAY. |
| Manuel
fait la connaissance de la toute jeune María
Teresa VERA qu'il conseille et à qui il apprend la guitare. Lorsque
celle-ci se révèle au grand public en 1911 au Théâtre
Politeama, c'est justement en interprétant "Mercedes".
CORONA restera le compositeur privilégié et l'ami fidèle
de María Teresa pendant de longues années. Il enregistre
même plusieurs fois avec elle notamment en 1919 pour "Chinita sandunguera",
"Donde estabas anoche", "Los viejos y la Cumbancha"
et une dernière fois l'année suivante pour un autre thème
de sa composition, "Santa María". En 1913, il fonde, avec le
tresero Carlos GODINEZ , le "GRUPO
TÍPICO" puis entre dans le groupe de Alfredo BOLOÑA. Au milieu de la décennie, il est sans contestation
possible le compositeur vers qui se tournent tous ceux qui ont la possibilité
d'enregistrer pour la Victor ou la Columbia. Lui-même grave pour cette dernière
compagnie à partir de 1917 avec successivement Armando VIAÑEZ,
José CASTILLO et Francisco "Majagua"
ALBO. Manuel est toujours "segundo" et joue de
la guitare. | ![]() |
| CORONA
écrit également quelques rumbas qu'il enregistre dès 1917.
Parmi celles-ci "Corona y Rubén en las trincheras" est
la plus achevée, les autres étant des compositions où la
chanson se mêle à la rumba. A la fin des années 10 et au début de la décade suivante, tout en menant la vie des cantantes de l'époque, allant de bar en bar, il enregistre encore "Conozco a la China", "Pasionaria de mi vida" en 1923, "Mujer ingrata" et "Boda eterna" en 1925. Dans tous les cas, outre l'accompagnement à la guitare, Manuel CORONA assure la seconde voix. |
| En 1923 une grande controverse A la fin des années vingt un accident le handicape au niveau d'une main et ne lui permet plus de jouer avec facilité. Il ne se consacre plus qu'à la composition. Mais jamais CORONA n'a déposé ses uvres auprès d'une société d'auteurs et jamais il n'a pu percevoir la moindre somme d'argent sur des droits auxquels il pouvait prétendre. Manuel CORONA, malade, finit ainsi dans la misère au fond d'une cabane de Marianao. Ses principaux amis GARAY, RUIZ, VILLEGAS, ROIG... l'accompagnent une dernière fois. |
© Patrick Dalmace