En avril 1939, à Cruces, le flûtiste Efraín
LOYOLA décide de fonder une charanga
et invite pour monter le projet le violoniste Gilberto de La ROSA, directeur, et comme pianiste et arrangeur le tromboniste Generoso JIMÉNEZ. Se joint à eux le timbalero de la Banda de Cienfuegos "Cheo" DÍAZ. Efraín propose comme contrebassiste Orestes ARAGÓN (Cienfuegos 1910-1962). Déjà, par le choix du nom, "La RÍTMICA del 39", ses fondateurs entendent marquer la différence avec la façon de jouer traditionnelle. Le groupe vit quelques mois et on l'entend sur la radio locale CMHK. Mais rapidement la situation devient difficile pour Gilberto et Generoso. Ils doivent sans cesse faire les déplacements de Cruces à Cienfuegos. Ils décident de quitter la formation et de proposer à Efraín d'en prendre la direction. C'est finalement Orestes qui assume la fonction. |
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Efraín et Orestes se retrouvent en septembre
et organisent un nouvel ensemble qui prend le nom de "RÍTMICA
ARAGÓN ". On l'entend à ce moment au Cienfuegos Nautic Club, notamment en août pour un bal retransmis dans toute la République par R.H.C. Cadena Azul. A la fin de l'année suivante elle devient la "ORQUESTA
ARAGÓN". Elle est composée à ses débuts de Efraín LOYOLA, flûte, Pablito ROMAY, vocal, Rufino ROQUE, piano, Noelio MOREJÓN, güiro, Filiberto DEPESTRE et René GONZÁLEZ, violons; Orestes VARONA, timbales et de Orestes ARAGÓN, contrebasse. JIMÉNEZ qui avait accepté de superviser les arrangements estime que Filiberto en est capable et laisse définitivement le groupe. |
Tous les musiciens sont amateurs et exercent les métiers les plus
divers, boulanger, tabaquero, teinturier... ARAGÓN est charpentier.
Le groupe, comme l'avait fait la "SONORA MATANCERA", se
structure en coopérative et chacun perçoit les mêmes rémunérations,
ce qui est rare à l'époque, certains instruments étant plus
"nobles" que d'autres. La "ORQUESTA ARAGÓN"
joue généralement autour de Cienfuegos et dans la province de Las
Villas. |
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En 1940, le tout jeune Rafael
LAY entre dans la formation et se substitue à GONZÁLEZ.
Plusieurs changements interviennent alors avec l'arrivée de Pepe PALMA
au piano et Pancho ARBOLAEZ, güiro. Mais fondamentalement
c'est l'introduction en 1945 des congas tenues par Guido SARRIÁ qui constitue le changement décisif dans la formation. L'influence des
innovations dans le Son de la part de Arsenio RODRÍGUEZ
est claire. En 1948, LAY dirige l'orchestre à la place de Orestes ARAGÓN, malade, et c'est José BELTRÁN qui prend la contrebasse. Une dizaine d'années s'écoule avant que la "ORQUESTA ARAGÓN" voyage pour la première fois à La Havane en 1950 où elle se produit à l'Intersocial, au Selva Club et au Club Los Jóvenes del Vals. Le répertoire est constitué essentiellement de danzones et boleros et en 1951 la formation enregistre justement une série de boleros avec la voix de Gloria DÍAZ. |
| LOYOLA quitte le groupe, organise sa propre formation
et, au début des années cinquante, de nouveaux musiciens entrent
dans la charanga. Celso VALDÉS est au violon, Clemente LOZANO, saxophone; Rolando LOZANO,
flûte. En 1952 la "ORQUESTA ARAGÓN" se
dirige vers l'Oriente où elle anime le Carnaval de Guantánamo.
L'année suivante, lorsque LAY entend à la radio la "ORQUESTA AMÉRICA", il est conquis par les innovations du compositeur du groupe, cherche un financement et se rend à La Havane rencontrer celui-ci, Enrique JORRÍN qui lui offre plus d'une quarantaine de chachachas. |
A
cet événement s'ajoute aussi l'arrivée ponctuelle -puis définitive en 1954- du flûtiste Eduardo "Richard" EGÜES. Sa virtuosité
insuffle un rythme exceptionnel au groupe. Il est en outre doté de grands
talents de compositeurs. Sous l'impulsion de LAY et de EGÜES, la "ORQUESTA ARAGÓN" acquiert un style de charanga qui plait au public jeune, ce qui la conduit en 1953 dans les studios de la Victor pour enregistrer quatre titres dont on peut retenir "El Agua de Clavelito", "Nunca". "El Agua de Clavelito" a un tel succès lors du Carnaval de Santiago où se rend le groupe qu'une émission de radio prend ce nom. C'est à ce moment que l'on peut situer le début de la vague de popularité qui va soulever la "ARAGÓN". Les charangas commencent à engager des chanteurs et "La ARAGÓN" fait appel à José Antonio "Pepe" OLMO (Cruces 1935-La Havane 2006) en 1953. Il sera jusqu'en 1997 la voix historique de la formation. |
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| Il devient difficile pour la "ORQUESTA ARAGÓN" de faire les aller-retour entre Cienfuegos et la capitale où finalement elle s'installe, aidée par "Benny" MORÉ et JORRÍN qui lui trouve un contrat avec la brasserie Cristal et un travail quotidien sur Radio Progreso. Malgré la pression de formations plus jeunes comme "José FAJARDO y sus ESTRELLAS", la popularité du groupe atteint son zénith et le public se masse à l'entrée de la radio pour écouter en direct Los Aragones en la Onda de la Alegria présenté par Jesús López. La charanga se fait aussi une solide réputation en jouant au Selva Club et à l'Académie Jovenes del Vals. Parmi les thèmes joués à cette époque
figure la belle composition de "Richard" EGÜES,
"Por esta adoración", un chachachá. "El
Bodeguero" est une autre de ses meilleures compositions. |
Orquesta Aragón. "Los Tamalitos de Olga". >>>>
La
Révolution surprend les musiciens alors que la formation joue dans un club
de La Havane, Las Aguilas. Et c'est ce jour que le phénomène
de la danse et du chant, Rafael BACALLAO, entre dans l'orchestre qui se
trouve à l'apogée de son histoire avec autour de LAY; EGÜES, Rafael BACALLAO et Pepe OLMO, chant; BELTRÁN,
contrebasse, VARONA, timbales, Celsio
VALDÉS, violon, Pepe PALMA...
Durant les années soixante, alors que la
musique cubaine subit une nette influence de la musique occidentale et que de
nouveaux rythmes éphémères apparaissent à Cuba, l'ensemble
interprète la Pachanga créée par Eduardo
DAVIDSON. Le groupe se présente au Tropicana en 1961.
La "ARAGÓN" a le privilège de
jouer au Conservatoire Tchaïkovsky devant un parterre de professeurs qui
accueillent l'orchestre avec intérêt et éloges multiples. >>>> Promu Ambassadeur Culturel
de Cuba l'orchestre entame en 1971 une grande tournée en Afrique qui débouche
sur d'intéressantes rencontres entre les musiciens cubains et africains
où sont évoquées les racines africaines de la musique cubaine. Cette même année la charanga accompagne Ela CALVO au Chili et enregistre avec elle. |
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| En 1982 Rafael LAY meurt dans un accident automobile
et "Richard" EGÜES dirige l'orchestre quelques
temps puis quitte celui-ci en laissant la place de directeur au fils de Rafael,
entré au début de la décennie dans la formation. Lorsque
Rafaelito LAY prend la direction de la "ORQUESTA ARAGÓN",
il se trouve aussi confronté à la nécessité de renouveler
les membres de celle-ci. Pour revenir au premier plan, il entreprend progressivement
une série de modifications afin de rétablir une certaine tradition
un peu oubliée par le groupe qui étendait son répertoire
à la musique européenne, américaine, africaine... Il tente
d'allier cette tradition à la modernité nécessaire à
la poursuite de la vie du groupe et à la reprise de tournées internationales.
De nouveaux musiciens entrent dans la formation, José, güiro
le fils de PALMA, Ernesto, celui de BACALLAO, chant, Orlando
PÉREZ, piano, Roberto ESPINOSA, basse, Eduardo RUBIO,
flûtiste, qui prolonge le style de EGÜES, le chanteur Justo
EMILIO et Lázaro GONZÁLEZ, violon. |
En 1999, pour ses soixante ans, la "ARAGÓN" se produit à l'Olympia de Paris où l'orchestre présente son disque anniversaire "La Charanga Eterna". Pour fêter l'événement la formation compte sur une invitée spéciale : Omara PORTUONDO.
La charanga
est désormais formée des quatre violons de Rafael LAY, Celso
VALDÉS, Dagoberto et Lázaro GONZÁLEZ, et d'une
seule flûte, celle de Eduardo RUBIO. La section rythmique comprend
à côté du contrebassiste Roberto ESPINOSA et du pianiste
Orlando PÉREZ, les percussions de Guillermo GARCÍA
-tumbadora-, Inocente ÁLVAREZ -timbales-, José
PALMA -güiro-. Juan Carlos VILLEGAS et Ernesto BACALLAO
assurent la partie vocale avec LAY tandis qu'un danseur, Armando AMÉZAGA
contribue au spectacle. |
Deux ans plus tard l'orchestre est de nouveau à Paris pour lancer "En route", son troisième C.D. Les tournées s'enchaînent à travers les continents: 2002: Etats Unis, France, le Théâtre Carreño de Caracas... A Cuba la formation assure la saison d'été au cabaret de l'Hôtel Nacional. 2003, Los Ángeles et les Etats Unis, France, Venezuela, Canada, Maroc ... 2004, de nouveau le Venezuela pour Carnaval, Colombie, France, Sénégal... En fin d'année la "CHARANGA ARAGÓN" est invitée à participer au Festival de International de Boleros de Caracas. L'année 2005 est encore une fois une année de représentations internationales. Et c'est à l'Hôtel Jaragua de Saint Domingue que la "ARAGÓN" commence l'année 2006. Le groupe triomphe ensuite devant son public historique de Cienfuegos puis à La Havane lors d'un concert avec l'Orchestre Symphonique National dans le cadre de Cubadisco. La tournée européenne de fin d'année amène les aragones en France. |
![]() La Aragón accompagnée d'un grand orchestre pour Cubadisco 2006. |
L'année suivante les prestations insulaires s'accompagnent de concerts en Colombie -Bogota, Medellín...-, en France, à la Guadeloupe...
Le populaire orchestre commence l'année 2008 par une série de présentations dans la région orientale de Cuba débutant à Songo de la Maya et se poursuivant à Santiago de Cuba, Bayamo, Manzanillo, Holguín, Las Tunas et Camagüey. La "CHARANGA ARAGÓN" est de nouveau invitée en France au cours de l'année notamment pour le Paris Jazz Festival. Au milieu de l'année la formation retrouve le Sénégal avec un concert à Dakar. |
La formation qui fête ses 70 ans participe au Festival del Danzón à La Havane en 2009. Eduardo MONTERO est désormais au piano. Les tournées internationales se poursuivent à Londres sur la scène du Hackney Empire; en France pays que le groupe sillonne toute l'année Paris, Bordeaux, Grenoble y compris dans des villes de moindre importance où il est acclamé: Rouen, Douai, la Roche Posay... la charanga est aussi en Colombie à Bogota, Cali...
En 2010 la “ORQUESTA ARAGÓN” se présente très régulièrement à l’Hôtel Nacional de La Havane. Le public cubain peut écouter la formation à Cienfuegos sur la Plaza Polivalente à l’occasion de l’anniversaire 191 de la ville. Ils y retrouvent Efraín LOYOLA qui monte sur scène pour se joindre à la charanga qu’il a fondé.
Après avoir participé à Cuba à la 5° édition de Charangueando l’orchestre est de nouveau aux Etats Unis à l’automne où il est accueillie notamment au Miami Dade County Auditorium, au Conga Room de Los Ángeles, au Yoshi’s de Oakland, au Metropolitan Events de New York… |
La charanga entreprend dès janvier 2012 une tournée dans l’Est de l’île. A Guantánamo elle fait danser le public sur ses grands succès “El Bodeguero”, “El Cerquillo”, “Cachita”, “Pare Cochero”, “Guajira con tumbao”… La « ARAGÓN » poursuit son tour à Mayarí, Bayamo, Santiago de Cuba, Manzanillo… Au milieu de l’année la formation vole vers la Colombie où elle donne plusieurs concerts à Bogota, Medellín…ainsi qu’au Vénézuela à Caracas. La composition du groupe reste stable depuis plusieurs années et LAY continue de diriger Celso VALDÉS, Lázaro et Dagoberto GONZÁLEZ, violons; Eduardo RUBIO, flûte ; Orlando PÉREZ, piano; Roberto ESPINOZA, contrebasse; Horacio RODRÍGUEZ, timbales; Guillermo GARCÍA, tumbadora; José PALMA, güiro; Juan Carlos VILLEGAS et Ernesto BACALLAO, assurent les parties vocales et Armando AMÉZAGA fait le spectacle avec ses qualités de danseur. Eric LABAUT est entré pour offrir un violon supplémentaire. |
© Patrick Dalmace
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