Santiago de Cuba: La Trova

A Santiago de Cuba depuis Pepe SÁNCHEZ la tradition de la canción, du bolero et des serenatas n'a pas faiblie. Sindo ne manque jamais l'occasion de s'associer avec Emiliano BLEZ lors de ses retours au pays. BLEZ et Eduardo REYES constituent très tôt un des meilleurs duos de la capitale de l'Oriente. DELGADO, FIGAROLA, BANDERA s'associent également à des cantantes moins connus. En 1912 Miguel MATAMOROS se présente au Théâtre Herredia avec Salvador ADAMS.
L'absence de débouchés permettant de vivre de la chanson fait que les cantantes santiagueros s'expriment plutôt en privé, dans les fêtes familiales ou pour les amis. Les années vingt ne modifient pas fondamentalement la situation à Santiago.


1910. Devant l'Hotel Casa Granda de Santiago et le Palais du Gouverneur,
les Cantantes se retrouvent et s'expriment en public
.
Les rendez-vous ont lieu dans un café et de là, les plus chanceux, partent pour une sérénade. Le plus souvent les cantantes se réunissent entre-eux après leur journée de travail et interprètent pour le petit groupe leurs dernières compositions. Les lieux de rendez-vous sont multiples, souvent de petits cafés ou gargottes qui n'existent que parce que s'y retrouvent les cantantes. Le Bon Calité, le Pajarito, le Baltabarín, la Bélgica, la Confronta, le Japon, le Loran... ou dans la maison de certains d'entre-eux comme PORTELA , LIMONTA ou chez Eusebio MORENO dont la maison est baptisée le Conservatoire.

Ainsi chez MORENO, par ailleurs directeur d'une excellente estudiantina, se réunissent Manuel DELGADO père, Augusto CASTILLO, Pablo ARMIÑÁN guitariste et "primo", qui unissent leurs voix dans un duo. ARMIÑAN forme également un duo avec Manuel LUNA et avec Ángel ALMENARES et LIMONTA, un excellent trio dont l'audience dépasse largement les frontières de l'Oriente.
Les cantantes se retrouvent aussi fréquemment chez Siro RODRÍGUEZ avec Rafael CUETO.

Trio de Pablo Armiñan avec Almenares à gauche et Limonta au centre, en tournée en Jamaïque.

Le jeune Daniel CASTILLO montre ainsi ses possibilités de guitariste et compositeur jusqu'à la fondation de son "CUARTETO ORIENTE " après la révolution et sa qualification comme groupe professionnel. Le groupe débute avec Francisco JIMÉNEZ première guitare, Daniel CASTILLO, seconde guitare, Isidro CORREA ,"segundo", Miguel Ángel JUSTÍZ, "primo".
Le "Cuarteto Oriente" (R.Márquez, M. Castillo, R. Justíz, D. Castillo)
à la Casa de la Trova.

Avec Ángel ALMENARES, Ramón MÁRQUEZ, José SIERRA... ont marqué en profondeur les années vingt et trente à Santiago. Au milieu de cette dernière décennie, l'importance acquise par les cantantes est telle que l'habitude va se prendre de les appeler trovadores, et l'ensemble de ceux ci -avec un effet rétroactif englobant les précurseurs, Pepe SÁNCHEZ, Sindo GARAY…- la Trova.


Duo Ramón Márquez, Ángel Almenares.

Le terme de Trova vaut bientôt pour tous ceux qui, dans l'île, accompagnés de leur guitare, seul, en duo, trio ou cuarteto, interprètent canciones, boleros, ou guarachas. Parmi les groupes santiagueros qui se mettent en évidence figure celui de Manolo CASTILLO dont le cuarteto comprend ALMENARES, Juan MEDINA et CARBONELL et s'amplifie ensuite vers 1937 avec l'arrivée de Ñico SAQUITO.

Quinteto Castillo, 1937.

Carbonell

Saquito

Almenares

Castillo

Medina

© Patrick Dalmace

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